le collectif des musulmans citoyens français

Encore une fois, l’exemple vient d’Algérie

26 juillet 2015

Encore une fois, l’exemple vient d’Algérie

Une vingtaine de morts et des centaines de blessés ont été enregistrés la semaine dernière à Ghardaia, au sud de l’Algérie, à la suite d’affrontement intercommunautaires. Ah bon ? Il y a des communautés en Algérie ? Oui, il y en a. Et s’il n’y en a pas, on les créera pour vous, ne serait-ce que pour servir « la cause ».

Pour le cas présent, les affrontements ont lieu entre les Chaambis (arabes musulmans) et les Mozabites (berbères musulmans de rite ibadite).
Alger n’a pas tardé à répliquer et a envoyé illico presto 6.000 gendarmes et policiers sur le terrain. Des mesures ont été prises et appliquées immédiatement et ont été annoncées par le président Abdelaziz Bouteflika. « Le président de la République a instruit également le Premier ministre de veiller, avec le ministre de la Justice, Garde des sceaux, afin que le Parquet prenne en charge, avec diligence et sévérité, toutes les violations de la loi à travers la wilaya de Ghardaïa et notamment l'atteinte à la sécurité des personnes et des biens », écrit El Watan.


Quelques arrestations plus tard, le calme est revenu. Les deux communautés, qui s’entretuaient il y a quelques jours, se sont mises autour d’une table et ont rompu ensemble le jeûne. Paix aux âmes des personnes mortes durant ces affrontements.

 

Pourquoi je parle de l’Algérie ? Parce que ce qui s’y est passé la semaine dernière ne diffère pas trop de ce qui s’est passé et se passe encore chez nous. Il y a comme un air de déjà vu. Et pas uniquement en Tunisie. La Libye, le Yemen et la Syrie en connaissent également des chapitres. Un simple incident isolé est monté en épingle par quelques « militants », le tout relayé en « live » sur les réseaux sociaux et des médias étrangers bien précis.


Les hauts responsables algériens ne sont pas naïfs et savent qu’ils ne sont pas face à de véritables militants, préoccupés par l’intérêt de leur pays. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a ainsi révélé « que les affrontements meurtriers qui avaient secoué la vallée du M’Zab ont été mis à exécution par des représentants de la population en exécution d’un plan financé par un pays frère mais aussi par d’autres qui ne le sont pas. » Aux notables de Ghardaia, M. Sellal a confié « nous connaissons parfaitement la source du financement de ces plans provenant d’un pays frère et voire même d’autres qui ne le sont pas » avant d’ajouter que « nous avons les noms des meneurs de la Fitna et ceux des jeunes qu’on veut manipuler », selon Algérie 1.


Même son de cloche chez Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND par intérim et directeur du cabinet présidentiel, qui parle de main étrangère et rappelle ce qui s’est passé dans différents pays du « printemps arabe ».

 

Main étrangère ? Pays frère ? Militants payés de l’étranger ? Les coïncidences sont bien troublantes et il suffit de voir la couverture d’Al Jazeera pour se convaincre des propos des officiels algériens. La chaîne de toutes les zizanies n’a pas été absente des événements de Ghardaïa. Toujours aux premières loges dans ce genre d’événements, Al Jazeera n’a pas dérogé à la règle de manipuler l’opinion en falsifiant les vidéos et en truquant les chiffres. Rappelez-vous comment, en Tunisie, elle a falsifié les images et les vidéos au lendemain de l’assassinat de Chokri Belaïd, en février 2013 (cliquer ici pour lire notre article à ce sujet). Pour l’Algérie, on fait dépoussiérer une analyse d’Al Jazeera, toute aussi erronée, diffusée en mai dernier. D’après cette analyse télévisée de la chaîne qatarie, la liberté d’expression serait en régression en Algérie. À les écouter, l’Algérie serait l’un des pires pays en la matière, alors que la Tunisie nage en pleine liberté. L’animateur cite une étude de Freedom House qu’on trouve systématiquement présente dans les pays du « printemps arabe ». Vérification faite, et selon RSF, l’Algérie se porte mieux que la Tunisie en matière de liberté d’expression et se classe à la 119ème position, contre 115ème pour le Qatar et 126ème pour la Tunisie. Non seulement l’Algérie n’est pas dans les pires positions, comme le prétend Al Jazeera, mais elle s’améliore, selon RSF. Paradoxalement, c’est le Qatar qui régresse selon RSF et, bien sûr, Al Jazeera n’en parle jamais.

 

Avec les événements de Ghardaia, l’Algérie a combattu le mal à sa racine en arrêtant immédiatement les meneurs. Et s’il est prouvé que ces meneurs sont payés par des organismes étrangers, comme le déclarent le Premier ministre et le chef du cabinet de la présidence de la République, ils pourraient être passibles de peine capitale pour haute trahison. On ne vit pas en Algérie quand on a trahi son pays. En Tunisie, la phrase a beau figurer dans notre hymne national, les meneurs et semeurs de zizanie sont catapultés aux hautes institutions de l’Etat.
Avant la révolution, on était tous Tunisiens. Après la révolution, on est devenus « sefirat » et « mounaqabat » ; « citadins » et « paysans » ; « résidents de la côte » et « résidents de zones défavorisées » ; « sudistes » et « nordistes » ; « musulmans » et « mécréants » ; « islamistes » et « laïcs » ; « dihadistes » et « extrémistes gauchistes » ; « azlem » et « révolutionnaires ».


Depuis la révolution, des personnalités politiques et religieuses sont sorties de leurs tanières pour nous diviser systématiquement en deux camps. Quand, nous autres médias, nous dénonçons cela, nous sommes traités de « médias de la honte » et de « corrompus à la solde des puissances occultes ». Ils ont ouvert la porte au djihad, au terrorisme, à la clochardisation de l’Etat et des institutions, au populisme et au radicalisme des deux bords.


L’Algérie a combattu le mal à sa racine et le calme est rapidement revenu. Il a suffi de mettre les « meneurs » hors d’état de nuire pour que les autres se taisent. En Algérie, on traite les meneurs de « semeurs de la fitna », mais en Tunisie on les traite de « héros ». En Algérie, ceux qui les combattent sont traités de « patriotes », mais en Tunisie on les traite de « contre révolutionnaires ».


Si la Tunisie veut obtenir la paix, elle se doit de mener la guerre. Ses adversaires ne sont pas ces petits désœuvrés qui portent une Kalachnikov, mais les marionnettistes qui se cachent derrière sous différentes bannières politiques, médiatiques et associatives.


Par Nizar Bahloul, publié le 13/07/2015 15:59

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