le collectif des musulmans citoyens français

Le peuple algérien promet d’envahir les plages de Tunisie, en guise de soutien à son économie

27 juillet 2015

Le peuple algérien promet d’envahir  les plages de Tunisie, en guise de soutien à son économie

Initiative qu’il faut saluer !! Après l’attaque terroriste vendredi sur une plage à Sousse, faisant une quarantaine de morts et autant de blessés, Algériennes et Algériens souhaitent exprimer leur solidarité avec leurs voisins de l’Est les Tunisiens. Comment ? En promettant ni plus moins d’ »envahir » les plages tunisiennes après Ramadhan.

Une manière de démontrer que cet acte n’a rien à voir avec les valeurs de l’Islam, et qu’il cherche avant tout à déstabiliser la Tunisie en touchant ce qu’elle a du plus précieux ou presque : le tourisme. Lequel constitue à l’heure actuelle sa première source de revenus. Pétrole et gaz pouvant à terme changer la donne … à moins que cela ne soit le but des terroristes : affaiblir économiquement le pays pour mieux grignoter ses ressources pétrolières. N’oublions pas en effet que le pouvoir financier de Daesh est fortement lié au pétrole et au gaz. Son empire étant bâti en quelque sorte sur l’exploitation de pétrole low-cost.

En tout état de cause, la nouvelle de l’attentat commis par un étudiant tunisien dans une zone fortement fréquentée par des touristes étrangers, a vite suscité un vaste élan de solidarité sur la toile parmi les Algériennes et Algériens, lesquels ont appelé les Tunisiens à résister face à la horde terroriste comme ils l’avaient fait eux mêmes pendant plus d’une décennie.

Nombreux sont ceux à annoncer, après ce lâche attentat, leur intention de passer leurs vacances dans la charmante ville de Sousse ou encore pour certains à maintenir leur destination déjà choisie cet été, la Tunisie, après le mois de Ramadhan.

Un internaute algérien rappelle qu’ »il ne faut jamais oublier et se souvenir surtout que la Tunisie n’a, à aucun moment, songé à fermer ses frontières aux algériens pendant que l’Algérie luttait seule » contre ces terroristes.

Rappelons en fin que cet attentat endeuille la Tunisie et par delà de nombreuses nations frappés par le décès de leurs concitoyens alors que depuis le 2 juin, des manifestations ont lieu devant des infrastructures pétrolières suite à l’annonce, début mai, de la découverte de réserves d’or noir dans la région. Une campagne lancée anonymement sur Facebook et intitulée «Winnou El Petrole»   («Où est le pétrole ?» en arabe) serait à l’origine de ce mouvement. La réaction sur les réseaux sociaux a été plus que conséquente et  «a débouché sur des manifestations réelles», selon les termes de Le Point Afrique.

- Vers une déstabilisation du pouvoir ?

« Si cette campagne est destinée pour avoir la vérité sur les ressources naturelles, alors elle est légitime, mais si elle vise à saboter le travail du gouvernement, à saper l’économie nationale et à créer des troubles, le ministère la rejette totalement », a tenu à préciser Zakaria Hamad, ministre tunisien de l’Industrie et de l’énergie.

Début juin, le parti au pouvoir, Nidaa Tounes, a exprimé dans un communiqué sa « profonde préoccupation » ainsi que son « mécontentement » quant aux conséquences fâcheuses de la campagne « Où est le pétrole », qualifiant celle-ci de « trompeuse ».
Le parti a par ailleurs, accusé ladite campagne de raviver les sentiments régionalistes, de semer la discorde, de diffuser de fausses informations et d’occulter la vérité sur le sujet de l’énergie et des ressources pétrolières. Nidaa Tounes a également condamné l’escalade « dangereuse » et « irresponsable » ciblant les sociétés pétrolières nationales et étrangères qui a dégénéré, selon les termes du communiqué, en menaces « directes » contre les individus, les familles et les biens. « Ce qui nuit aux intérêts nationaux sensibles et stratégiques ».

- L’annonce de Mazarine Energy met le feu aux poudres - 

Une annonce faite début mai, par Edward Van Kersbergen, président exécutif de Mazarine Energy, groupe néerlandais d’exploration et de production de pétrole et de gaz» a quelque peu mis le feu aux poudres. Ce dernier annonçait la découverte de pétrole et plus précisément«la première découverte sur le permis de Zaâfrane». «L’exploitation du puits Cat-1 à Chouchet El Atrous, à Douz, est un véritable succès. Cette découverte laisse envisager un grand potentiel», indiquait ainsi Edward Van Kersbergen.
Leblogfinance lui-même est repris comme source dans de nombreux articles pour rappeler qu’en  décembre 2013 «La Banque européenne d’investissement réaffirmait l’existence d’importantes réserves de gaz» en Tunisie.

Quant à moi, je tiens à rappeler ce que j’avais écrit ici-même en pleine tourmente de la révolution du jasmin … en janvier 2011 … « Prémonitoire ? Enjeu final de la révolution tunisienne ? » avais-je indiqué en guise de préambule, ajoutant qu’en  décembre 2009,   déjà, je redoutais le début des problèmes alors que la Tunisie venait d’annoncer avoir concédé à un groupe pétrolier US un permis de recherche dans le golfe de Hammamet. J’évoquais même alors la « malédiction » du pétrole, rappelant que la découverte d’or noir attirait toutes les convoitises des majors pétrolières et plus particulièrement celles de Russie, de Chine et des USA.

Or, à cette même date, les groupes pétroliers se bousculaient en Tunisie. Et parmi eux …. le groupe énergétique autrichien OMV que j’ai d’ores et déjà présenté comme un possible cheval de Troie de la Russie pour mieux maîtriser l’approvisionnement en gaz de l’UE.

Hasard de calendrier ?  le 6 janvier 2011, OMV  renforçait son implantation, déjà importante, en Tunisie via l’acquisition des activités de forage et de production du groupe américain Pioneer Natural ressources.
Rappelons à cet égard qu’OMV disposait déjà de six sites d’exploration et de production en Tunisie, ils devaient alors passer à quinze. Coût de l’opération : un investissement de 800 millions de dollars (610 millions d’euros) pour le groupe autrichien. Une fois le bilan 2010 de Pioneer Natural Resources Tunisia connu, un capital de base tournant autour de 65 millions de dollars (49,5 millions d’euros) devait également être versé.

Sources : presse algérienne, WMC/ TAP, AFP, Le Point Afrique

Elisabeth Studer – 27 juin 2015 – www.leblogfinance.com

 

Nous sommes deux Tunisies La Tunisie se réveillera de sa gueule de bois