le collectif des musulmans citoyens français

La Tunisie se réveillera de sa gueule de bois

26 juillet 2015

La Tunisie se réveillera de sa gueule de bois

Samedi 27 juin 2015, lendemain de l’attaque terroriste la plus meurtrière de l’histoire de la Tunisie. La ville de Sousse est quasi-déserte. Les touristes ont plié bagages, transportés dans des bus fuyant le lieu de la tragédie.

Les fores de l’ordre semblent avoir abandonné leurs postes stratégiques au sein de la ville et les habitants se sont terrés chez eux en cette chaude après-midi du mois de ramadan.

Le lieu  de la tragédie est devenu le QG de dizaines de journalistes du monde entier. Assis sur le trottoir, munis de leurs appareils-photos, micros, caméras et calepins, tous sont à l’affût de la moindre nouvelle information qui sortira de l’hôtel. Le monde entier suit avec intérêt ce qui se passe chez nous. « La Tunisie se relèvera-t-elle ? ». La question semble sur toutes les lèvres.

 

Ce terrorisme sans frontières ne s’est pas contenté de s’abattre sur la Tunisie. Il a aussi fait des victimes en France et au Koweït en plus de celles qui tombent, quotidiennement, dans des pays comme la Syrie. Le message des terroristes est clair : frapper les esprits, créer un effet boule de neige, utiliser les médias comme caisse de résonnance pour créer un effet de masse et donner le coup de grâce à ces pays qui leur tiennent encore tête. Depuis l’attentat du Bardo, en mars dernier, cette nouvelle attaque était imminente. Tous s’y attendaient. Le mois saint de ramadan sera celui de toutes les horreurs.  Même en étant préparés, les Tunisiens sont encore sous le choc. Le dégoût, l’abattement, la terreur et le désespoir sont intacts.

Les Tunisiens se sont réveillés avec une terrible gueule de bois ce matin. Ce n’est pas seulement Sousse qui a été frappée de plein fouet. Ce n’est pas seulement Sousse, cette ville vivante et vibrante, qui se trouve aujourd’hui meurtrie, c’est toute la Tunisie qui est sous le choc. La suite est claire et sans appel. Les terroristes frapperont, ils continueront à le faire, ceci est une évidence, mais la Tunisie  restera debout et les Tunisiens ne se coucheront qu’après leur mort.

 

Le goût macabre de cet attentat suscitera, évidemment, les réactions les plus dynamiques et les plus vigoureuses. Et il devra, sans plus tarder ! Fini le laxisme avec nos vies et celles de nos visiteurs !

Oui aux mesures exceptionnelles, oui à une lutte acharnée et sans merci contre le terrorisme, oui au renforcement des contrôles et à l’accroissement de la vigilance et de la surveillance. Donner à la police les moyens de bien faire son travail, pousser les enquêtes de police afin d’aller plus loin que les simples commanditaires de l’acte pour démanteler les cellules qui planifient et les réseaux qui financent. Mais il faut juste être d’accord sur un point. Aucun compromis n’est admis avec le respect des droits de l’homme, aucune concession ne sera faite sur des libertés qu’on vient tout juste d’acquérir, ou pour lesquelles on se bat encore. Martyriser une minorité afin de faire régner l’ordre n’est pas la solution. Cacher les informations aux médias et les empêcher de faire correctement leur travail afin que les forces de l’ordre puissent faire le leur, n’est pas non plus très judicieux. La future loi antiterroriste ainsi que celle de protection des forces armées devront prendre en considération tout cela.

 Le respect des libertés et des principes devra être indiscutable. Autrement, c’est le jeu des terroristes qu’on ferait. Tomber dans l’amalgame et le manichéisme primaire, c’est mener une guerre contre la démocratie que nous sommes en train de construire. Et c’est là, et seulement là que les terroristes auront vraiment réussi à semer la terreur et à gouverner par la peur. C’est à ce moment là, et seulement à ce moment là qu’ils auront gagné. Mais nous ne les laisserons pas !

 

Par Synda Tajine, publié le 27/06/2015 19:27

 

BUSINESSNEWS.COM.TN

Le peuple algérien promet d’envahir les plages de Tunisie, en guise de soutien à son économie La Tunisie et après... Révolution au Maghreb-Machreck ?