le collectif des musulmans citoyens français

Quelle stratégie pour sauver la Tunisie

26 juillet 2015

Quelle stratégie pour sauver la Tunisie

le Maghreb et la région de Daech ?

Si le 20ème siècle a été celui de la guerre froide, et du clivage Est/Ouest, un affrontement qui a pris fin avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’ex-URSS, même si la crise ukrainienne le remet quelque peu au gout du jour, le 21ème siècle est celui de la guerre contre le terrorisme. Celui-ci est aujourd’hui l’ennemi déclaré de l’humanité, en Occident, comme en Orient.

Si le 20ème siècle a été celui de la guerre froide, et du clivage Est/Ouest, un affrontement qui a pris fin avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’ex-URSS, même si la crise ukrainienne le remet quelque peu au gout du jour, le 21ème siècle est celui de la guerre contre le terrorisme. Celui-ci est aujourd’hui l’ennemi déclaré de l’humanité, en Occident, comme en Orient.

La guerre contre le terrorisme a été lancée par Bush fils en 2011 contre le régime Taliban en Afghanistan, dans la foulée des attentats du 11 septembre. Deux ans après, en 2003, le même président américain a mobilisé une coalition internationale pour envahir l’Irak, sous prétexte de la détention par Saddam Hussein d’armes de destruction massives (ADM). Cette deuxième guerre d’Irak a ouvert la boite de Pandore au pays du Tigre et de l’Euphrate, réveillant les vieux démons confessionnels, attisant le conflit entre sunnites et chiites, entraînant un démembrement sociétal de l’Irak, et le plongeant dans l’instabilité et le chaos.

C’est là où se trouvent les premiers germes de Daech. A l’origine, ce groupe a agi sous le label d’al-Qaïda, et s’est donné pour raison d’être le combat de l’invasion américaine, multipliant les attentats ayant fait des centaines de milliers de morts parmi les Irakiens de différentes confessions. Avec la guerre en Syrie, la donne a changé. L’ouverture du front syrien a eu l’effet d’un démultiplicateur des organisations terroristes apparues sous plusieurs appellations.

Au départ un épiphénomène, Daech est devenu rapidement un phénomène rampant et effrayant. Son expansion rapide sur ses terres d’origine, Irak et Syrie, où il a pris le contrôle de villes entières, et  étendu sa mainmise sur de riches zones pétrolières, est stupéfiante et intrigante.

De nombreuses thèses sont avancées quant aux soutiens de cette organisation, et aux facteurs qui ont fait sa montée fulgurante. On évoque le Mossad, les renseignements occidentaux, des pays arabes, des complicités internes dans les zones de conflits…Mais, il s’agit là de simples supputations,  personne n’est en mesure de recomposer le puzzle, et de cerner ce phénomène dont on ignore jusqu’où peut-il aller, et de quoi est-il capable.  

Maintenant, on parle de combattre ce phénomène. Une coalition internationale chapeautée par les pays occidentaux, avec la participation des pays arabes, est en guerre contre Daech en Irak et en Syrie. Ses résultats sont peu palpables quant à affaiblir cette organisation et réduire son pouvoir de nuisance.

L’organisation mère produit même des répliques dans d’autres contrées, dont la Libye, où la décapitation de 21 coptes égyptiens vient de secouer l’opinion mondiale. Cette exhibition de la barbarie, jamais connue dans notre histoire contemporaine, fait à la fois peur et honte à l’ensemble des musulmans. Peur, car cette organisation est dotée du don d’ubiquité et semble s’exporter facilement, et honte, car, elle se proclame de l’Islam, en salit l’image, accentuant les hostilités envers les musulmans, et semant les amalgames à tout va.  

La question fondamentale est de savoir comment combattre Daech, notamment en Libye dont l’implantation est assez récente ? Est-ce par une intervention militaire  internationale comme vient de le préconiser le président égyptien ?

Absolument pas, une nouvelle guerre ne fera qu’aggraver la situation, et produire plus d’instabilité, dont les principaux bénéficiaires ne seront autres que les groupes terroristes, partisans de la stratégie du chaos.

Outre à concourir à pacifier la Libye, en y encourageant le dialogue et la réconciliation nationale, un processus certes laborieux, il s’agit de juguler et d’isoler l’esprit Daech, de mettre à nu ses déviances, et de faire en sorte qu’il ne se propage pas davantage dans la région maghrébine, dont la Tunisie où il a hélas des allégeances terroristes.

De ce point de vu, c’est le néant qui prévaut. La propagande et le débat passionné qui se déchaînent autour de Daech et ses horreurs spectaculaires, sont accueillis côté musulman par les condamnations timorées, et une défense pusillanime de ceux qui ont des choses à se reprocher.  

Le monde musulman n’arrive pas à produire un débat rationnel sur l’Islam, en tant que civilisation, réformes et progrès. Il est incapable de présenter un contre-exemple fort et imparable, procédant des fondements, des préceptes et de la philosophie de l’Islam. Il n’est pas en mesure d’exposer une vision qui dissocie l’extrémisme et le fanatisme, de l’Islam, fondé sur la modération et le juste-milieu.

Le désert intellectuel et la sclérose que vit le monde musulman, outre les facteurs qu’on a développés ci-dessus, sont en grande partie à l’origine de la montée de l’extrémisme, car, tout simplement, la nature a horreur du vide.

 

Rached Ghannouchi: le "modèle tunisien est l'alternative au modèle de Daech" IL N’Y A PLUS DE JASMIN À SOUSSE… !