le collectif des musulmans citoyens français

L’Univers, Dieu et la Liberté

14 septembre 2015

L’Univers, Dieu et la Liberté

En ce temps pascal, je suis saisi d’émerveillement. Émerveillement devant l’Univers, Dieu et Son don magnifique qu’est notre Liberté !

En ce temps pascal qui s’est achevé hier, je suis saisi d’émerveillement. Émerveillement devant l’Univers, Dieu et Son don magnifique qu’est notre Liberté !

L’émerveillement devant l’Univers

Pas un jour ne passe sans que je ne sois saisi d’émerveillement devant l’Univers ! Songez-y : l’Univers résulte de la combinaison précise de 15 paramètres. Que l’un de ces paramètres ne soit pas présent ou qu’il le soit sous une autre forme, et c’est l’Univers qui n’existe pas ! Même chose pour la vie : selon les scientifiques les plus pointus, il n’y avait qu’une seule chance sur 1060 (10 puissance 60) que ces constantes soient telles que la vie soit possible ou, pour le dire autrement, si on veut, comme les athées, attribuer la cause de la vie au hasard (et non à une intelligence supérieure1), il aurait fallu que ce hasard soit extrêmement chanceux… Songez-y encore : le temps de l’Univers est de 1.000 x 1.000 x 13.500 ans, c’est-à-dire une temps à proprement parler inimaginable. Songez enfin que la taille de l’Univers est de 300.000 kms x son temps !

Émerveillement encore lorsque la NASA découvre une exo-planète avec de l’eau qui pourrait – le conditionnel est encore de mise – permettre la vie. Émerveillement enfin – et sans être exhaustif – lorsque des scientifiques prouvent l’existence d’ondes gravitationnelles post Big Bang, corroborant ainsi ce qu’Einstein avait rêvé en théorie…

L’émerveillement, dit-on, est la condition sine qua non du questionnement philosophique. Si l’on refuse de vivre de manière végétative – j’entends par là être un cadavre dans un corps qui respire – on ne peut être insensible à ces motifs d’émerveillement et se poser les quelques questions existentielles (elles ne sont pas nombreuses) de notre origine (d’où viens-je ?), de notre essence (qui et/ou que suis-je ?) et de notre fin ultime (quel est le sens de ma vie ?).

La philosophie peut répondre à ces questions par le truchement exclusif de la Raison. Et le fidèle catholique est également invité à utiliser sa Raison pour répondre à ces questions2.

Mais, en ce jour de Pâques, le chrétien y joint la Foi pour s’émerveiller devant le mystère qu’est Dieu.

L’émerveillement devant Dieu

Si le croyant trouve motif d’émerveillement dans la Création, il peut – s’il s’ouvre à la Présence divine, cette ouverture étant la définition même de la Foi – trouver un plus grand motif encore dans le mystère divin.

Mais restons un instant avec notre Raison. Dieu, personne ne l’a vu. On ne peut donc rien dire à son sujet de façon directe. Indirectement, en revanche, nous avons le témoignage de Jésus : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean, XIV, 9). Or, par rapport à Jésus – dont l’existence n’est historiquement pas sujette à discussion – seules deux attitudes sont possibles : soit il s’agit d’un fou, d’un illuminé et il est raisonnable de ne pas suivre ses enseignements ; soit, au contraire, Il est réellement ce qu’Il dit être, à savoir vrai Homme et vrai Dieu et, dans ce cas, il est raisonnable de suivre ses enseignements. La Foi n’intervient que comme réponse à cette question : est-il fou ou est-Il réellement ce qu’Il dit être ? Ayant reçu la grâce3 de la Foi, je réponds donc qu’Il est réellement vrai Dieu, vrai Homme. Mais dès lors que j’ai posé mon choix, c’est la Raison – et non la Foi ! – qui me commande de Le suivre.

Je mise ma vie sur Dieu, car ma Raison me dit que c’est raisonnable de suivre une Présence qui se présente (Il ne s’impose pas !) au présent comme un présent. Présence ? Mais oui ! À travers les signes présents dans la Création, à travers Son Église (pécheresse mais sainte) et ses sacrements. Et là, je dis émerveillement : le Dieu invisible se rend présent à chacun de nous, ici et maintenant. C’est dingue, inimaginable et pourtant bien réel ! Et ma Raison, bien que vacillante devant un tel mystère d’émerveillement, demeure intacte…

Or, ce Dieu dont Saint Jean, me dit qu’Il est Amour, m’a gratifié du plus beau des dons : celui de la Liberté ! Et là, vraiment, je suis pris de vertige…

L’émerveillement devant le don de la Liberté

Émerveillement devant l’Univers. Émerveillement devant Dieu. Mais plus encore, émerveillement devant la Liberté ! Car, cette Liberté – dont je professe qu’elle est un don – fonde la dignité de chaque être humain et en fait un être égal à Dieu, même si les natures humaine et divine sont différentes : en effet, si nous avons le pouvoir de nous ouvrir à Dieu, nous avons reçu aussi le pouvoir de s’en détourner, privant ainsi Dieu de Se rendre présent ! Dieu – telle est ma Foi – m’a jugé assez digne que pour Se livrer entre mes mains, prenant le risque de l’indifférence, de l’agnosticisme, de l’athéisme et de la Crucifixion !

Par conséquent, la Raison me commande – tel un impératif kantien – de cultiver cette Liberté, c’est-à-dire de la protéger, de la promouvoir et de la partager. Voilà pourquoi j’estime – à l’instar de Charles Gave ou, plus éloigné, de Frédéric Bastiat – que la seule doctrine politique vraiment humaniste est le libéralisme. J’ai déjà écrit en quoi le socialisme et le conservatisme sont liberticides et donc contraires à la dignité de l’homme. J’ai également déjà écrit sur le concept de Liberté qui ne peut se réduire à mes nombreux désirs et caprices (« la liberté, c’est faire ce que je veux »). Comme le disait Benjamin Franklin, « seul un peuple vertueux est capable de liberté ».

Dans la maison libérale, il y a beaucoup de demeures. La mienne s’appelle libéralisme chrétien et professe également une laïcité ouverte où l’État (limité aux missions régaliennes et à la prise en charge des inévitables effets de voisinage que le privé ne peut prendre à son compte) et les religions se respectent mutuellement, l’État permettant l’expression des convictions religieuses dans la sphère publique et les religions s’interdisant les pouvoirs temporels.

Je souhaite à chacun d’avoir ce triple émerveillement ! Le temps pascal est propice à l’optimisme. Avoir foi dans la Liberté est ce qui est plus raisonnable. Malgré la morosité économique, la grogne sociale, les erreurs sociétales, je confesse pour ma part qu’il est contraire à la nature même de la France – dont la Wallonie fut au temps de la Révolution et qui sait… – de ne pas envisager l’avenir avec optimisme : il y a de l’intelligence en France, du patrimoine, de la culture, une Histoire, un  rayonnement qu’un pseudo-président anormalement incompétent ne peut pas effacer. Il faut et il suffit de libérer les énergies, de libérer la Liberté. Pas facile ? Certes, mais nourrissons-nous à l’émerveillement pour relever les défis de notre époque et permettre aux générations futures d’avoir le présent qu’elles méritent.

1.      Les physiciens spécialisés en physique quantique ont, en effet, démontré qu’il y avait de l’information qui ordonnait la matière, permettant parler d’intelligence de la matière. Les scientifiques chrétiens y voient la main de Dieu, comme Louis Pasteur qui affirmait que « peu de science éloigne de Dieu ; beaucoup y ramène »). 

2.      Voir sur ce sujet, l’encyclique du Bienheureux Pape Jean-Paul II – dont on célébrera la canonisation le 27 avril prochain – Fides et Ratio :  http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091998_fides-et-ratio_fr.html. 

3.      Selon le catéchisme de l’Église catholique, avant d’être un acte d’adhésion de l’intelligence à Dieu, la Foi est d’abord un don de Dieu à qui s’ouvre à Lui. 

 

Par Philippe Bouchat.

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