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Hôpitaux, armée, prisons : un manque criant d’aumôniers musulmans

29 juin 2015

Hôpitaux, armée, prisons : un manque criant d’aumôniers musulmans

Avec seulement 152 aumôniers musulmans pour toute la France, l’islam reste la confession la plus en marge des institutions publiques. Même si des créations de postes sont annoncées, elles restent largement en deçà des besoins. «On devrait être trois fois plus», estime ainsi Abdelhak Eddouk, aumônier musulman.

Malgré leur éclosion récente, les aumôniers musulmans sont de plus en plus sollicités dans les prisons, l'armée ou les hôpitaux par les fidèles et l'Etat, ce qui pose des problèmes d'effectifs et de formation. Les croyants attendent un soutien face à la détention, la maladie ou la guerre, mais «les pouvoirs publics sont également très demandeurs», soulignait récemment l'historienne de la laïcité Valentine Zuber lors d'une table-ronde à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS). «Ils demandent aux aumôniers musulmans de régler les problèmes que l'Etat n'arrive pas à gérer seul, comme la radicalisation ou les suicides en prison», a-t-elle ajouté. Dans l'armée, en cas d'opération en terre musulmane, les aumôniers doivent faciliter les rapports avec la population. C'est notamment le cas en Afghanistan, où ils éclairent le commandement sur les traditions locales. Dans les hôpitaux, il est parfois fait appel à eux pour apaiser les relations quand des musulmans ne veulent pas être auscultés par un médecin du sexe opposé. La loi de 1905 sur la laïcité interdit à la République de salarier des religieux, exception faite des aumôneries destinées à «garantir la liberté de culte» dans les milieux fermés (prison, hôpitaux, internat...).

 

152 aumôniers musulmans en poste Près d'un siècle plus tard, aucune aumônerie musulmane n'avait vu le jour bien que l'Islam soit devenu la deuxième religion de France avec 2,1 millions de fidèles «déclarés», selon l'Insee. En 2003, la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) donnait un interlocuteur à l'Etat et permettait de nommer en 2005 les premiers aumôniers nationaux aux armées et dans les prisons, puis les hôpitaux, en 2006. Les progrès ont ensuite été rapides. Il y a actuellement 152 aumôniers musulmans salariés dans les prisons et 30 postes supplémentaires sont annoncés d'ici fin 2014. L'armée en emploie 38 et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) douze, mais seulement trois à temps-plein. «On devrait être trois fois plus», estime toutefois Abdelhak Eddouk, aumônier musulman à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), en rappelant que, selon le Contrôleur général des prisons, 40 % des détenus font le ramadan. «Il ne faut pas se précipiter pour rattraper notre retard», ajoute-t-il toutefois, soulignant l'importance de recruter des aumôniers dotés d'une formation solide.  

 

 

Source URL: http://www.zamanfrance.fr/article/h-pitaux-arm-e-prisons-manque-criant-d-aum-niers-musulmans

 

Islamisme en prison les aumôniers dépassés par le phénomène Témoignage d'aumônier musulman dans les prisons