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Les femmes représentent la force de l’Afrique et son avenir économique

27 juillet 2015

Les femmes représentent la force de l’Afrique et son avenir économique

Le boom de l’investissement est sur une tendance durable, selon l’économiste en chef panafricain IrajAbedian. Les marchés de consommation africains sont devenus d’un grands intérêt pour les investisseurs, avec une classe moyenne qui a cru de plus de 30% au cours des 10 dernièresannées pour atteindre environ 120 millions de personnes.

« Le vent du changement est en train de soufflersur ce continent …»


Ces mots célèbres prononcés par le Premier ministre britannique, Harold Macmillan. Aujourd’hui, l’Afrique est le plus en vue mondialement sur le plan économique. Le rendement moyen descapitaux pour les investisseurs sur le continent varie de 35% à 55%, contre 5% à 7% aux États-Unis et en Europe.

 

Le boom de l’investissement est sur une tendance durable, selon l’économiste en chef panafricain IrajAbedian. Les marchés de consommation africains sont devenus d’un grands intérêt pour lesinvestisseurs, avec une classe moyenne qui a cru de plus de 30% au cours des 10 dernièresannées pour atteindre environ 120 millions de personnes.

 

C’est dans ce contexte que nous, Africains, devrions nous demander: comment pouvons-nous nousprofiter de ce nouvel intérêt pour notre continent et de la croissance économique qui va de pair pourservir l’intérêt des peuples de l’Afrique?

 

Quelle Afrique voulons-nous 


Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l’UA, décrit ainsi la vision de l’Afriquede nos rêves : Une Afrique intégrée et prospère, pacifiée, démocratique et inspirée par lesvaleurs du panafricanisme.


Une Afrique qui prend sa place sur l’échiquier mondial. Elle dit que l’unité et l’intégration du continent et le développement de ses infrastructures sont essentiels pour établir une Afrique pacifiée et prospère.

 

« Au niveau national, les infrastructures en matière d’énergie, de transports, de TIC et celles destinées àélargir l’accès aux services de base tels que l’assainissement, l’eau potable, la santé et l’éducation, constituent le socle pour le développement et l’amélioration de la vie de tous nos citoyens africains. Auxniveaux régional et continental, nous cherchons, à relier les capitales africaines et les centrescommerciaux à travers les routes, les chemins de fer et les TIC, à alimenter nos communautés grâce àdes projets d’énergie, et à augmenter la production agricole à travers des projets d’irrigation et la construction d’installations de stockage et les infrastructures de distribution et de commercialisation. Tout aussi important : l’investissement dans les citoyens via leur éducation et leur accès aux services de base et de santé. »

 

Comme le souligne Dr. Dlamini-Zuma, « Notre développement continuera d’être à contre-passi nous ne donnons pas également aux femmes un rôle important à jouer dans les affaires sociales, politiques et économiques de nos sociétés. Les femmes représententun peu plus de 50% de la population croissante de l’Afrique et leur sous-représentationdans les sphères sociale, politique et économique doit être abordée si l’Afrique veut tirerpleinement parti du potentiel qu’elle détient.

Dans la plupart des pays africains, seulement un tiers des femmes participentactivement à l’économie et quand ils le font c’est souvent de manière très limitée. Afinde maximiser les opportunités de croissance que connaît l’Afrique aujourd’hui, leshommes comme les femmes doivent être en mesure d’exprimer leur plein potentiel. »


Comme l’a souligné Ernst & Young, les défis pour les femmes africaines sont de deux ordres. Pour cellesqui sont impliquées dans les activités économiques informelles, le défi est de faciliter l’accès à uneparticipation économique plus formelle. Pour celles qui sont instruites et qui travaillent dans le secteurformel, le défi consiste à progresser au sein de leur entreprise.

 

Créer des opportunités pour que les femmes participent à l’économie permettra d’améliorer leurpotentiel de gains et d’aider les familles à sortir de la pauvreté. La participation des femmes africaines àl’économie formelle est négligée et sous-évaluée. Il y a un manque patent de femmes aux postes de direction. Selon la dernière enquête auprès des entreprises réalisée par la Banque mondiale, seulement 1 femme africaine salariée sur 26 est employée à un poste de direction, comparativement à 1 sur 6 pour leshommes.

 

 

« En 2006, Ellen Sirleaf a été investie comme la première femme présidente élue en Afrique,ouvrant la voie à plusieurs femmes »

Une étude réalisée par la Fondation Nike au Kenya estime que l’investissement dans les filles pourraitapporter 3,2 milliards de dollars supplémentaires à cette économie. C’était Kofi Annan, l’ancienSecrétaire général de l’Organisation des Nations Unies qui a déclaré qu’il n’y a pas d’outil dedéveloppement plus efficace que l’éducation des filles.

 

Un développement positif est celui dans lequel les femmes ont plus de place et de voix dans les structures politiques formelles. La plateforme d’action de la Conférence sur les femmes de Beijing en 1995 a appelé à l’instauration d’un quota de 30% pour les femmes dans les postes de direction publique.Plusieurs pays africains ont relevé le défi de Beijing et ont introduit des lois qui mettent en œuvre dessystèmes de quotas pour augmenter la représentation des femmes dans les assemblées législatives et legouvernement. Cependant, dans des pays comme la RDC et le Cameroun, où aucune intervention n’a étéfaite, la disparité est aveuglante.

 

Les femmes leaders au niveau national sont également très rares. En 2006, Ellen Sirleaf a été investiecomme la première femme présidente élue en Afrique, ouvrant la voie à plusieurs femmes.

 

Afin de capitaliser sur la croissance actuelle et prévue del’Afrique dans les prochaines décennies, les dirigeantsafricains se tiennent devant le défi de faciliter le passage de nos femmes de la participation économique.

Cela passe par :

 

• Des politiques qui encouragent la parité;

 

  • L’autonomisation des femmes sur le plan politique par le biais de quotas à tous les niveaux;
  • L’atteinte des objectifs de développement du Millénaire, répondant ainsi aux besoins en matière deprestation des services de base;
  • L’implémentation de réformes économiques et la régulation des marchés pour que les femmes puissentparticiper équitablement, et l’assouplissement des règlementations qui entravent la participationéconomique des femmes;
  • L’accès aux programmes de crédit et de soutien pour offrir aux femmes la possibilité d’employer plus de personnes, et de constituer un maillon fort dans la chaîne dans la lutte contre la pauvreté.

Au final la construction de l’Afrique de demain est un projet qui ne peut aboutir sans l’autonomisationdes femmes et sans leur implication effective dans tous les chantiers de développement ouverts enAfrique.

 

Fatima Chohan, vice-ministre de l’Intérieur de la République d’Afrique du Sud.

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