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Le désert africain, futur fournisseur d'électricité de l'Europe?

29 mai 2015

Le désert africain, futur fournisseur d'électricité de l'Europe?

Nom de code: Desertec. C’est un des projets d’énergies renouvelables les plus ambitieux au monde. Il s’agit de faire coopérer l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord dans la réalisation de centrales solaires thermiques dans les parties désertiques d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient...

Nom de code: Desertec. C’est un des projets d’énergies renouvelables les plus ambitieux au monde. Il s’agit de faire coopérer l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord dans la réalisation de centrales solaires thermiques dans les parties désertiques d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et d’éoliennes sur la façade nord-ouest de l’Afrique, afin de produire de l’électricité qui serait exportée vers l’Europe, et des systèmes de désalement d’eau. Ce projet pourrait produire jusqu’à 15% des besoins énergétiques européens. Des études ont démontré qu’en utilisant moins de 0,3% de la surface totale des déserts de la région MENA (Moyen-Orient-Afrique du Nord), on peut produire suffisamment d’électricité et d’eau douce pour répondre à l’augmentation des besoins de ces pays et de l’Europe. Soutenue par une vingtaine d’entreprises allemandes, elle pourrait entrer en service progressivement entre 2020 et 2050. La totalité du projet se chiffrerait à 400 milliards d’euros, le transport d’électricité jusqu’à l’Europe représentant la part la plus importante de ce budget.


La France planche sur les énergies marines


Et les autres énergies renouvelables? Même si elles sont beaucoup moins ambitieuses, de nouvelles technologies vont être testées en France ces prochains mois. Une hydrolienne équipée d’une hélice de 10 mètres de diamètre devrait être installée début 2012 au large de l’île d’Ouessant, dans le Fromveur, courant de marée dont la vitesse peut atteindre 9 nœuds (16km/h). Le générateur de cette hydrolienne fournira jusqu’à 500 MW, sauf durant l’étale de basse et de pleine mer où le courant marin diminue très fortement. A terme trois autres machines devraient rejoindre la première dans le cadre du projet de ferme hydrolienne Eusabella.


EDF suit de près l'ensemble des énergies maritimes. Jean-François Astolfi, directeur de la division hydraulique chez EDF, explique que si la part de l’énergie hydraulique devrait rester relativement stable ces prochaines années «il existe d'autres sources. EDF exploite déjà l’usine marémotrice de la Rance, une réussite depuis plus de quarante ans. Mais il y a peu d’endroits en France pour refaire quelque chose d’aussi bien. Le meilleur reste tout de même le littoral de la Manche ou de la mer du Nord. Les hydroliennes représentent, elles, un beau potentiel de développement à travers le monde, car elles délivrent une énergie certes variable mais prédictible donc gérable. En France le nombre de sites est limité, mais nous allons mettre à l’eau un prototype de 2 MW à Paimpol-Bréhat cet été. S’il donne satisfaction nous pourrons poursuivre l’expérience sur un autre site, plus difficile mais plus important. Notre filiale EDF Energies Nouvelles regarde aussi de près l’énergie des vagues. Mais il faut que la grande industrie s’intéresse à ces technologies nouvelles, d’où l’intérêt de ces démonstrateurs.»

L'Ademe souligne de son côté que l'énergie-bois reste un potentiel important pour la fourniture de chaleur, de même que l'incinération des déchets avec valorisation énergétique, et la géothermie profonde dans certaines régions, comme l'Ile-de-France, où elle pourrait représenter 10% du chauffage des bâtiments collectifs.

 

                                                                     

 

 

                                                                                                                                     Le désert mauritanien en 2008. - Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

Mickaël Bosredon

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