le collectif des musulmans citoyens français

Etre satisfait de Dieu « ar-rida »

11 septembre 2015

Etre satisfait de Dieu « ar-rida »

Nous poursuivons nos discours consacrés à la purification spirituelle. Nous avons déjà évoqué quelques stations d’épuration spirituelle telles que le savoir, le repentir, la patience et la gratitude à l’égard de Dieu. Aujourd’hui nous abordons une autre station, à savoir : la satisfaction « ar-rida » ; être satisfait de Dieu. En effet, l’acceptation du destin est une exigence de la belle patience.

La satisfaction consiste à ressentir un profond contentement de ce que Dieu a choisi pour toi ; à être pleinement satisfait de ce que Dieu t’octroie comme subsistance, situation ou action.

Ce contentement ne contredit en rien l’ambition. A contraire, aspirer à une vie meilleure ; œuvrer pour améliorer ta condition de vie est demandée. Ce qu’on entend ici par la satisfaction « ar-rida » est exprimé par Ibn ‘Ata qui dit: « Garde-toi de la déception après avoir fourni le nécessaire». C’est-à-dire ; si tu as fourni le nécessaire en vue d’obtenir quelque chose, accepte ce que Dieu t’accorde sans éprouver de regret si tu n’atteins pas ton objectif.

Le Prophète (saws) dit : « A connu le goût de la foi, quiconque a accepté Dieu comme Seigneur, l’islam comme religion et Mohammad comme Messager de Dieu » (rapporté par Mouslim). Il dit également : « Quiconque dit après avoir entendu l’appel à la Prière : « J’ai accepté Dieu comme Seigneur, l’islam comme religion et Mohammad comme Messager, verra ses péchés pardonnés » (rapporté par Mouslim).

Ibn al-Qayyim dit : « Ces deux hadiths constituent le point central autour duquel gravitent les fondements de la religion. Ils sont l’aboutissement de la religion. Ils renferment l’acceptation de la divinité et de la seigneurie de Dieu,  l’acceptation de Son Messager, Son obéissance, ainsi que l’acceptation de Sa religion et l’obligation de s’y soumettre :

L’acceptation de Sa divinité renferme le fait d’accepter de Lui vouer un amour exclusif, de le craindre, d’espérer en Lui, de L’adorer et de Lui vouer un culte sincère.

L’acceptation de Sa seigneurie renferme le fait d’accepter la façon dont Dieu gère les affaires de Son serviteur, le fait de s’en remettre à Dieu, d’implorer Son aide, de placer sa confiance en Lui et d’accepter tout ce qu’Il fait.

L’acceptation de Son Messager renferme l’obéissance parfaite à celui-ci et la soumission totale à ses ordres de manière à lui accorder la primauté par rapport à notre propre personne ne recevant la guidance que de lui.

Quant à l’acceptation de Sa religion, cela consiste à accepter totalement ce qu’elle ordonne, prescrit ou interdit, sans éprouver de gêne même si ceci est contraire à nos passions »

Ibn al-Qayyim dit également : « La satisfaction est la porte la plus importante menant à Dieu,. C’est le repos des adorateurs et le paradis de ce bas-monde. Quiconque ne l’emprunte pas ici-bas, ne pourra y gouter dans l’au-delà »

Par ailleurs, le Prophète (saws) implorait Dieu en ces termes : « Seigneur Dieu ! Fais en sorte que je sois satisfait de ton décret, afin de ne pas aimer hâter ce que tu as retardé, ni retarder ce que tu as hâté », « Seigneur Dieu ! Je t’implore le contentement après l’accomplissement de ton décret »

Les signes de la satisfaction :

Mais, comment savoir si tu es effectivement satisfait de ton Seigneur ? Ce n’est pas une question de prétention. Ce sentiment de satisfaction se manifeste à travers trois signes :

Premièrement : Remettre notre choix à Dieu en accomplissant la Prière de consultation. N’entreprends rien sans avoir accompli cette prière. C’est ainsi que tu t’en remets entièrement à Dieu.

Deuxièmement : Ne pas ressentir de gêne ou d’amertume après l’accomplissement du décret de Dieu, mais l’accueillir en faisant preuve de gratitude. Le véritable musulman est celui qui accepte ce que le destin lui réserve sans jamais dire en s’adressant à Dieu : Pourquoi ? Qu’ai-je fais à Dieu pour mériter telle ou telle chose ?!!!

Troisièmement : Continuer à aimer Dieu de la même intensité pendant l’épreuve.

Le Prophète (saws) dit : « Accepter le destin de Dieu fait partie du bonheur de l’être humain. Faire preuve de mécontentement à l’encontre du destin de Dieu fait partie de son malheur » (rapporté par Ahmed et at-Tirmidhi)

Luqman, le sage, fit cette recommandation à son fils : « Je te recommande des qualités qui te rapprocheront de Dieu et t’éloigneront de Sa colère : Adore Dieu sans rien Lui associer et sois satisfait du décret de Dieu dans ce que tu aimes et dans ce que tu n’aimes pas »

On dit à jour à al-Housseïn fils de ‘Ali ibn Abi Talib (rad) : « Abou Dhar dit : « La pauvreté m’est préférable à la richesse, et la maladie m’est préférable à la bonne santé ». Il dit : « Que Dieu fasse miséricorde à Abou Dhar. Quant à moi, je dis « Quiconque s’en remet à la bonté du choix de Dieu, n’espèrera que ce que Dieu a choisi pour lui ».

Le dicton dit : « La satisfaction emplit le cœur de Dieu. Le mécontentement vide le cœur de Dieu. »

Exemples de satisfaction :

Méditons ensemble ces quelques exemples de satisfaction à l’égard de Dieu :

‘Omar ibn al-Khattab (rad) dit : « Aucune épreuve ne m’a touché sans que je remercie Dieu pour quatre choses: Elle ne fut pas dans ma religion, elle ne fut pas pire, Dieu m’accordera en échange le Paradis et cela me rappelle ma détresse provoquée par la perte du Prophète (saws) » Dans le sens où toute épreuve n’est rien en la comparant à la perte du Prophète (saws).

Lorsque les évènements ont pris une tournure en défaveur des musulmans pendant la bataille d’Ohod, au point que les idolâtres parvinrent à atteindre Prophète (saws), Safiyya, fille de ‘Abd al-Mouttalib et tante paternelle du Prophète (saws), prit une lance et se précipita vers le champ de bataille pour protéger le Prophète (saws). Lorsque le Prophète (saws) la vit, il eut peur qu’elle ne voit son frère Hamza, abattu et mutilé. Il fit alors signe à son fils az-Zoubeïr pour empêcher sa mère d’avancer. Az-Zoubeïr dit alors à sa mère : « Mère ! Eloigne-toi ! » Elle lui dit : « Ote-toi de mon chemin ! » Il dit : « Le Messager de Dieu (saws) t’ordonne de rebrousser chemin » Elle dit : « Et pourquoi ? On m’a informé qu’on a mutilé le corps de mon frère Hamza, et ce qui lui est arrivé est pour Dieu » Le Prophète (saws) dit alors à az-Zoubeïr : « Laisse-la passer! » Ce qu’il fit. En arrivant devant le corps de son frère, elle constate qu’il est éventré, le foie arraché du ventre. Elle implore alors le pardon de Dieu et dit : « Tout ceci est pour Dieu. J’accepte le décret de Dieu. Par Dieu je ferai preuve de patience en espérant la récompense divine si Dieu le veut ! »

‘Imran ibn Houçaïn (rad) était un compagnon connu pour sa force physique. Il a participé à toutes les batailles aux côtés du Prophète (r). Après la mort du Prophète (saws), il fut atteint d’une paralysie qui touche la moitié de son corps. Il resta étendu sur son dos pendant trente ans et ce, jusqu’à sa mort. Il ne pouvait plus bouger si bien qu’on perça un trou dans son lit pour lui permettre de faire ses besoins. Des compagnons lui rendirent visite. En le voyant, ils se mirent à pleurer. Il les regarda et dit : « Vous, vous pleurez, quant à moi, je suis satisfait, j’aime ce que Dieu aime, j’accepte ce que Dieu a accepté pour moi, et je me réjouis de ce que Dieu a choisi » Puis, il leur dit : « Par Dieu ! Dans l’état où je suis, je peux ressentir les glorifications des Anges et je ressens leur visite, je prends alors conscience qu’il ne s’agit pas d’une punition venant de Dieu, mais plutôt d’une mise à l’épreuve de ma satisfaction à Son égard. Je vous prends tous comme témoins que je suis satisfait de mon Seigneur ! »

Sa’d ibn Abi Waqqas (rad) était un homme dont les implorations étaient exaucées comme en a témoigné le Prophète (saws). Lorsqu’il arriva à la Mecque, alors qu’il avait perdu la vue, les gens se précipitèrent vers lui pour lui demander d’implorer Dieu pour eux, ce qu’il fit. ‘Abdoullah ibn as-Sa-ib dit : « Je me rendis auprès de lui alors que j’étais enfant et lui dit : « Oncle ! Tu implores Dieu pour les gens et ils guérissent ! Et si tu implorais Dieu pour toi-même afin qu’Il te rende la vue ?! » Il sourit alors et me dit : « Ô mon enfant ! Le décret de Dieu m’est préférable à ma vue ! »

Seigneur Dieu ! Nous attestons que nous sommes satisfaits de Toi. Puisses-Tu être satisfait de nous !

Sermon de vendredi – Moncef Zenati

 

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