le collectif des musulmans citoyens français

LA QUESTION DU BONHEUR

23 juin 2015

LA QUESTION DU BONHEUR

Collection d'Avent sur "L'aventure monothéiste"aborde la question du bonheur. Si la vie au-delà du monde terrestre est l'horizon de toute religion, la gestion du quotidien n'est pas optionnelle ! La question du bonheur, au sein d'un projet général transcendant, c'est-à-dire, la question du "ici et maintenant", trouve des réponses assez différentes au sein des trois monothéismes.

Pour le judaïsme, pas de possibilité de se retirer du monde. Tout ascétisme est assimilé à de la mortification, voire de la morbidité. On ne s’installe pas dans le désert, on ne fait que le traverser. Remplir sa mission c’est donc durer, et pour ce faire, croître et se multiplier. Durer pour transmettre, se perpétrer pour passer, pour relayer le message de justice et de paix jusqu’à l’arrivée des temps messianiques. Le bonheur n’est pas une fin en soi, même si cela fait du bien, l’important c’est le sens de l’histoire et sa quête au sein d’un parcours initiatique et d’une acculturation de génération en génération.


Pour les chrétiens, le Messie est déjà venu. Après sa mort et sa résurrection, ils attendaient de manière imminente son retour. Devant le temps qui passait, il leur a fallu considérer la vie autrement que comme une « vallée de larmes » à traverser le plus vite possible. Devant l’exemple d’un Christ-Dieu, mort sur la croix, en souffrant, ils ont pris le chemin d’un bonheur paradoxal ; résumé par saint Augustin en deux cités : la céleste, idéale, et la terrestre, plus douloureuse mais nous obligeant à mettre l’Homme au centre pour changer le monde.


Pour l’islam, la soumission totale et fervente à Dieu fait entrevoir aux croyants la possibilité du paradis. Mais la mission de tout musulman pour y parvenir, c’est de bâtir au long de son existence terrestre une exemplarité qui permette aux autres de continuer la mission de l’islam. Le temps du sacré et le temps des hommes se confondent ainsi et l’homme, dans une superbe métaphore, devient « le jardinier de l’Être ».

 

INTERVENANTS :


Mireille Hadas-Lebel ; Catherine Chalier; Rivon Krygier; Claude Birman; Véronique Margron;

Le bonheur et la belle vie en islam L’Islam premiėre religion mondiale