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Condition féminine pré et post islamique‏

19 octobre 2015

Condition féminine  pré et post islamique‏

Depuis toujours et jusqu’à ce jour, toutes les sociétés du monde sont phallocrates. Ayant fait évoluer la condition des femmes, afin qu’elles soient considérées et respectées, l’Islam ne peut être incriminé si des Musulmans machistes persistent à leur infliger de mauvais traitements.

De tous temps les femmes ont été méprisées et soumises au bon vouloir des hommes. Dans les civilisations grecque, égyptienne, romaine, iranienne, et même judéo-chrétienne, leur statut a toujours été moindre. Après avoir douté qu’elles aient une âme et les avoir qualifiées d’anomalies,[1] le Christianisme a fini par leur concéder qu’elles avaient un esprit plus proche de l’humain que de l’animal mais néanmoins inférieur à celui de l’homme.[2]  En Arabie préislamique, il était permis de les vendre, de les prêter, de les louer, de les donner, de les prostituer ou de les tuer impunément, parfois en les enterrant vivantes à la naissance.[3] En dehors du mariage actuel, nécessitant consentements et douaire (mahr) avant consommation, il existait trois autres sortes d’unions/prostitution : par cohabitation partagée avec un noble, par choix de paternité entre dix partenaires sexuels et par choix physionomiste en comparant le nouveau-né avec tous les partenaires sexuels.[4]

L’Islam a grandement contribué à faire évoluer les mentalités et a donné aux dames des droits qu’aucune société humaine ne leur avait jusqu’alors concédé et une considération pas uniquement maternelle.[5] Contrairement au Christianisme qui l’interdisait expressément[6], l’Islam leur a permis d’enseigner aux hommes : Aïcha, Fille d’Abou Bakr était couramment consultée par ses condisciples, y compris masculins, et a rapporté des centaines de paroles et d’actes du Prophète son époux (ص), figurant dans de célèbres ouvrages juridiques.[7] Les occidentales ont dû attendre le vingtième siècle pour être dispensées de l’accord de leur mari pour tenir un commerce ou ouvrir un compte bancaire en leur nom propre, alors que les Musulmanes disposaient depuis treize siècles, depuis le Moyen Âge, du droit de posséder et de gérer des biens à leur guise, en pleine responsabilité.[8]

Il est évident que les mauvais traitements infligés à la gent féminine par des Croyants, et plus précisément par certains Musulmans, relèvent de l’ignorance et du manque d’éducation et absolument pas de la religion. Le machisme n’est d’ailleurs pas spécifique aux populations musulmanes puisqu’il sévit tout autant dans la plupart des contrées « méditerranéennes », comme en Espagne, au Portugal, en Italie, en Sicile, en Grèce et même dans le sud de la France, où l’obédience religieuse est pourtant toute autre. Quitte à se répéter, rappelons qu’aucun Musulman ne peut se prévaloir de sa religion pour priver une femme de son autonomie et de ses biens, fut-elle son épouse, sa fille, sa sœur ou sa mère.

[1] Concile de Mâcon (en 545 après J.C.) et selon Augustin d’Hippone, Thomas d’Aquin.

[2] « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que DIEU est le chef de Christ ». (1ère épître de Paul aux Corinthiens 11 :3).

[3] « Car quand on annonce à l’un d’eux une fille, son visage devient noir, cependant qu’il suffoque. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé, – doit-il la garder, malgré la honte, ou l’enfouira-t-il dans la poussière ? – Comme est mauvais ce qu’ils jugent, n’est-ce pas ? » (Coran 16 : 58-59). « Et qu’on demandera, à la fillette enterrée vive : « Pour quel péché a-t- elle été tuée ? ». (Coran 81 :8-9).

[4](Boukhary 67/37/1).

[5] « Et il est de Ses signes d’avoir créé de vous pour vous, des épouses, pour que vous habitiez près d’elles, – et Il assigne entre vous amour et miséricorde. Voilà bien là des signes, vraiment, pour des gens qui réfléchissent. » (Coran, 30:21). « Et comportez-vous convenablement envers elles… » (Coran 4 : 19).« Le plus parfait des croyants est celui qui a le meilleur caractère. Et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur femme. »(Tirmizhy10/11). « Mon Dieu, témoigne que je mets sévèrement en garde ceux qui s’en prennent aux droits des deux faibles : les orphelins et les femmes. »(Ibn Majah 33/6). « Quiconque, mâle ou femelle, fait œuvre bonne tandis qu’il est croyant, alors très certainement Nous lui ferons vivre une excellente vie. Et très certainement Nous paierons leurs salaires en fonction des plus belles de leurs actions. » (Coran 16 : 97). « Et Nous enjoignons à l’homme le bien envers ses père et mère, et – :  » Si ceux-ci te forcent à M’associer ce dont tu n’as science aucune, alors ne leur obéis pas. » Vers MOI est votre retour ; puis Je vous informerai de ce que vous œuvriez. » (Coran 29 :8 et aussi 31 :14-15).« Et Nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses père et mère : sa mère l’a péniblement porté et péniblement accouché ; et grossesse et sevrage ont été de trente mois ; puis quand il a atteint ses pleines forces, et atteint quarante ans, il a dit : « O Seigneur ! Dispose-moi, pour que je rende grâce du bienfait dont TU m’as comblé, moi et mes père et mère, et pour que j’œuvre le bien que TU agrées. Et réforme, pour moi, dans ma descendance. Oui, je me repens à TOI, oui, et je suis du nombre des Soumis. » » (Coran 46 :15).

[6] « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. » (1Timothée 2 :12).

[7] « Masrouq rapporte qu’il se rendit chez `Aïcha et lui dit : « 0 mère des Croyants, un homme qui envoie une victime à la Mecque, tout en demeurant dans la ville qu’il habite, et qui recommande d’enguirlander cette victime, ne doit-il pas, à partir de ce jour, rester en état d’ihram (sacralisation)  jusqu’au moment où les pèlerins reprennent leur état normal ? » J’entendis battre des mains derrière la portière et `Aïcha me dire : « Je tressais les guirlandes des victimes de l’Envoyé de DIEU (ص) ; il envoyait ces victimes à la Ka’ba et ne s’interdisait rien de ce qui est licite aux hommes envers leurs femmes jusqu’au retour des pèlerins »». (Boukhary 73/15/1).

[8] « Ô les croyants ! Il ne vous est pas licite de vous porter héritiers de vos épouses contre leur gré. » (Coran 4 : 19). « Aux hommes, une part de ce qu’ont laissé les père et mère ainsi que les proches ; et aux femmes une part de ce qu’ont laissé les père et mère ainsi que les proches ; que ce soit peu ou beaucoup : une part déterminée. » (Coran 4 : 7). « Et donnez aux épouses leur salaire d’honneur (mahr), comme de droit. Si de bon gré elles vous en abandonnent quelque chose, consommez-le alors en bien manger et bien boire. » (Coran 4 : 4). « …la femme est une bergère (gardienne) pour la maison de son mari et de ses enfants et elle est responsable ». (Boukhary 67/86/1 – 67/90/1 – 55/9/2 – 43/20/1 – 93/1/2).

 

Daniel-Youssof leclercq

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