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Dans les pays arabes le tourisme se cherche un avenir

16 juin 2015

Dans les pays arabes le tourisme se cherche un avenir

 

La Tunisie, la Jordanie et l’Égypte rivalisent d’initiatives pour faire revenir les visiteurs étrangers.
Ces pays ont été plus ou moins boudés par les touristes, français notamment, depuis les événements récents.
Hicham Zaazou a essayé d’être convaincant. Reçu le 26 septembre au ministère français des affaires étrangères, le ministre égyptien du tourisme a demandé à ses interlocuteurs de retirer l’Égypte, au moins partiellement, de la liste des pays que la France « déconseille formellement » à ses ressortissants « de visiter jusqu’à nouvel ordre ». « Actuellement, en Égypte, la situation s’est stabilisée, les sites touristiques sont sûrs », a-t-il plaidé.

La Tunisie, la Jordanie et l’Égypte rivalisent d’initiatives pour faire revenir les visiteurs étrangers.

 

Ces pays ont été plus ou moins boudés par les touristes, français notamment, depuis les événements récents. Hicham Zaazou a essayé d’être convaincant. Reçu le 26 septembre au ministère français des affaires étrangères, le ministre égyptien du tourisme a demandé à ses interlocuteurs de retirer l’Égypte, au moins partiellement, de la liste des pays que la France« déconseille formellement » à ses ressortissants « de visiter jusqu’à nouvel ordre ». « Actuellement, en Égypte, la situation s’est stabilisée, les sites touristiques sont sûrs », a-t-il plaidé.

Paula Boyer (avec Rémy Pigaglio)

 

La Tunisie, la Jordanie et l’Égypte rivalisent d’initiatives pour faire revenir les visiteurs étrangers.

 

Ces pays ont été plus ou moins boudés par les touristes, français notamment, depuis les événements récents.

 

Hicham Zaazou a essayé d’être convaincant. Reçu le 26 septembre au ministère français des affaires étrangères, le ministre égyptien du tourisme a demandé à ses interlocuteurs de retirer l’Égypte, au moins partiellement, de la liste des pays que la France « déconseille formellement » à ses ressortissants « de visiter jusqu’à nouvel ordre ». « Actuellement, en Égypte, la situation s’est stabilisée, les sites touristiques sont sûrs », a-t-il plaidé.

 

« La Grande-Bretagne n’a jamais imposé cet embargo et l’Allemagne vient de le lever. Nous espérons que le gouvernement français lèvera à son tour ses restrictions », confiait le ministre, en début de semaine, en marge du salon international du tourisme Top Resa à Paris.

 

Pour convaincre les autorités françaises, Hicham Zaazou leur a présenté l’audit sur la sécurité des principaux sites et villes touristiques égyptiens, réalisé par une société spécialisée indépendante, SSF. Conclusions de cette firme française: « Même si le risque zéro n’existe pas, les touristes peuvent aller en Égypte aujourd’hui. »


La sécurité a été renforcée


La société SSF confirme la présence de dispositifs de sécurité « adaptés et opérationnels », renforcés depuis les attentats de 1997, 2004 et 2005 (police du tourisme sur les sites et, à l’intérieur des hôtels, sociétés privées de sécurité). Elle a toutefois recommandé de mieux former les personnels, de perfectionner la surveillance vidéo des sites et d’améliorer la sécurité des croisières sur le Nil. Les Égyptiens ont promis d’y travailler.

 

Malgré ces assurances, le ministère français des affaires étrangères reste prudent. « Nous avons pris bonne note du rapport indépendant. Nous allons l’étudier avec attention, assure-t-on au Quai d’Orsay. Pour les éventuelles adaptations des conseils aux voyageurs, notre évaluation sera faite notamment avec nos partenaires européens. »


Quoique mises à jour sur son site Internet (la carte de l’Égypte, jusqu’ici rouge écarlate, est, depuis quelques jours, teintée d’orange), les préconisations de la fiche « conseils aux voyageurs » du ministère restent, pour l’heure, restrictives.

 

Le Nil coule toujours en Egypte


Pour l’Égypte, l’enjeu est de taille. Avant les événements, le tourisme générait 11 % du PIB et employait globalement 4 millions de personnes. Les Européens représentaient, à eux seuls, 72 % des 14,7 millions de touristes venus visiter le pays en 2010. 

 

Aujourd’hui, Louxor, qui vivait exclusivement du tourisme, a  l’allure d’« une ville fantôme »: la plupart des hôtels et des boutiques y sont fermés, tandis qu’une petite délinquance s’y développe.

 

« La France a toujours été un marché important, nous ne voulons pas le perdre », dit Hicham Zaazou. Pendant les années fastes, jusqu’à 600 000 Français visitaient l’Égypte chaque année, particulièrement friands de « séjours culturels » dans la vallée du Nil (vallée des Rois, Louxor, etc.). 

 

Las, au premier semestre 2013, alors que les autres touristes européens revenaient (+ 9 %), le nombre de visiteurs français a encore baissé de 30 %. La chute s’est accélérée après que le ministère français des affaires étrangères a « durci » ses conseils aux voyageurs, suite aux événements de juillet.

 

La Jordanie s’affirme « stable et sûre »


Les touristes français boudent également d’autres pays arabes, en raison de l’insécurité, réelle ou supposée. Ainsi de la Jordanie, où le tourisme représentait 14 % du PIB en 2010. Cette année-là, la Jordanie avait reçu 8 millions de visiteurs, dont 74 894 Français. Le nombre de ces derniers est tombé à 41 669 en 2012. Rien d’étonnant, le ministère français des affaires étrangères invite ses ressortissants à y « faire preuve de grande prudence ».

 

Des préconisations injustifiées, selon les Jordaniens. « Notre pays est stable et sûr. Sauf à la frontière avec la Syrie – mais la plupart des sites touristiques ne s’y trouvent pas –, il n’est pas impacté par ce qui se passe dans la région. Il est victime d’une mauvaise perception de sa situation réelle », fait valoir Abed Al Razzaq Arabiyat, directeur général de l’Office jordanien du tourisme.

 

Dans l’espoir de faire revenir les Français, la Jordanie a défini une nouvelle stratégie, campagne de communication à l’appui. « Loin de se réduire à Petra, notre offre touristique, considérable et variée, doit permettre de toucher presque toutes les composantes de la clientèle française », plaide Abed Al ­Razzaq Arabiyat. Si la promotion du tourisme culturel et religieux, de la randonnée dans le désert, de la plongée restent d’actualité, la Jordanie compte aussi sur de nouvelles niches comme la cuisine, l’aventure, les séjours en famille. Et, bien sûr, les « séjours à la carte », formule qui a le vent en poupe partout.

 

La Tunisie vante son arrière-saison


Ce souci de faire revenir les Français, la Tunisie le partage. Avant la « révolution du jasmin », le tourisme représentait 7 % du PIB et donnait du travail à 400 000 personnes. En 2010, la Tunisie avait reçu 7 millions de touristes dont 1,3 million de Français. 

 

Certes, l’été 2013 a été « relativement satisfaisant » , notamment à Djerba, selon Jamel Gamra, son ministre du tourisme. Mais si les Britanniques, les Allemands, les Russes sont revenus, nombreux, les Français ont continué à bouder.« Nous nous attendions à une baisse de 10 % de leur nombre, à cause de la crise économique. En réalité, elle a été de 22 % », dit Jamel Gamra selon lequel un séjour en Tunisie est sans danger: « Il n’y a eu aucun incident cet été », assure-t-il.

 

Et de lancer cet appel: « Venez pour l’arrière-saison, pour les oasis, pour le désert! » Le Sud tunisien est en effet délicieux en automne. Mais cela suffira-t-il à convaincre les Français qui ont, avec les pays de la rive sud de la Méditerranée, une histoire plus compliquée que les Russes ou les Allemands?

 

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