le collectif des musulmans citoyens français

Conseil Théologique des Musulmans de France

09 juin 2015

Conseil Théologique des Musulmans de France

Le CTMF joue la carte de la transparence en communiquant également sur les diplômes et qualifications de ses membres. Nous ne pouvons que les saluer pour cela, car à l’heure ou tout le monde s’autoproclame « cheikh », « imam » ou « prédicateur », peu d’entre eux nous parle de leurs cursus scientifique.

 « LE JUSTE MILIEU »


Le CTMF joue la carte de la transparence en communiquant également sur les diplômes et qualifications de ses membres. Nous ne pouvons que les saluer pour cela, car à l’heure ou tout le monde s’autoproclame « cheikh », « imam » ou « prédicateur », peu d’entre eux nous parle de leurs cursus scientifique.

Liste des Membres du Bureau Exécutif :

Dr. Ahmed JABALLAH : Docteur en droit canonique musulman, Diplômé d’Azzaytuna et de la Sorbonne, Directeur de l’Institut Européen des Sciences Humaines, Membre du Conseil Européen de la Fatwa et de l’Union Internationale des Savants Musulmans, Expert auprès du Conseil de Fiqh de la Ligue du Monde Musulman (rabitwa al’alam al-islami). Professeur de théologie Musulmane, Imam-Khatib et Secrétaire Général Adjoint du Conseil Européen de la Fatwa.

Pr.Hassan EL HOUARI : Licence de théologie à l’Université d’Al-quaraouiyyine, Master en Dogme et philosophie musulmane, et Imam-khatib à la mosquée de Gonesses.

Dr. Larbi KECHAT : Docteur en Sociologie de l’Université de la Sorbonne. Recteur du centre cultuel et culturel Adaawa à Paris, Imam-Khatib et Conférencier

Dr. Larbi BECHERI : Docteur en islamologie de l’Université d’Aix-En Provence, Diplômé en Théologie musulmane de l’université de Médine, Diplômé de l’Université de la Sorbonne, Membre du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche et de l’Union Internationale des Savants Musulmans, professeur de théologie musulmane et Responsable de l’IESH de Château-Chinon

Dr. Mohamed MOSADEK : Spécialiste de Fiqh Hanafite de l’Université d’Al-Azhar, Ex-Professeur de théologie musulmane à l’Université d’Al-azhar et Chargé de cours à la faculté de droit de Strasbourg (Master d’islamologie), Imam-Khatib.

Dr. Mohamed BAJARAFIL : Docteur en linguistique de l’Université Paris 7 Diderot, Formé en fiqh shafiite, Professeur de théologie musulmane à l’Institut Alkhayria en Belgique, Chargé de cours en langue arabe et traduction aux Universités Paris 8 et 12, imam-khatib et Professeur de Lettres-Histoire.

Dr.Mohamed NAJAH : Docteur en Physique, Professeur de théologie musulmane à l’Institut Tabari à Corbeil Essonnes, Khatib, Conférencier et Professeur de Mathématiques

Dr.Nawal ZINE : Docteur en médecine dentaire. Diplômée en théologie musulmane et d’un Master en Dogme et philosophie musulmane. Professeur de théologie à l’IESH de Paris.

Pr.Ounis GUERGAH : Diplômé en Théologie musulmane de l’Université de Médine, Diplômé en philosophie de l’Université de la Sorbonne, Membre du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche et de l’Union Internationale des Savants Musulmans, Président du pôle de la fatwa du CEFR en France, Professeur de théologie musulmane et directeur des études à l’IESH de Paris Imam-Khatib et Conférencier.

 

L’Osservatore Romano s’intéresse au Conseil théologique musulman qui a vu le jour la semaine dernière en France à l’occasion d’une réunion à Paris d’une cinquantaine de théologiens, imams, savants, experts et prédicateurs venus de toutes les régions de l’Hexagone. Le quotidien du Vatican répercute largement les informations concernant cette institution encore naissante qui affirme s’inscrire dans une voie de juste milieu. Ce conseil, qui sera connu sous le nom de CTMF et dirigé par un bureau exécutif, n’entend pas se substituer aux instances représentatives et n’a pas vocation à représenter les musulmans de France même si certains de ses membres sont affiliés à l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France.

 

L’objectif est plutôt d’aider les musulmans français à vivre pleinement à la fois leur citoyenneté française et leur religion. Le Conseil pourrait également émettre des avis juridiques religieux, connus sous le nom de fatwas, par exemple sur le djihadisme, l’égalité homme-femme, la citoyenneté et l’enseignement. Dans ses orientations, il exhorte les jeunes musulmans à affirmer avec fierté leur appartenance à l’islam et à servir la société. Il invite la femme musulmane à jouer pleinement son rôle, au même titre que l’homme. « On s’inscrit dans une vision de modération », a affirmé à l’AFP un des membres du conseil exécutif, Ahmed Jaballah, ancien président de l’UOIF, réputé proche des Frères musulmans.La première réunion du CTMF doit avoir lieu avant le Ramadan qui commencera autour du 18 juin. Sa première décision symbolique sera l’adoption du calendrier lunaire sur la base du calcul astronomique. Dans un paysage institutionnel fragile, constate le quotidien La Croix, le besoin d’une telle instance théologique s’était fait sentir à plusieurs reprises ces dernières années, que ce soit pour le choix d’une date commune pour le début du Ramadan, pour prendre position sur le voile intégral ou pour condamner la violence commise au nom de l’islam; et ce alors que les conférences sur la radicalisation religieuse se multiplient à l’initiative des organisations musulmanes tandis que les clivages persistent sur ce sujet complexe. Reste à savoir quel sera l’accueil réservé par les fidèles musulmans à cette nouvelle instance et comment ses décisions seront reçues. Selon les estimations, la France compte quelque 5 millions de musulmans. 


Faire émerger une voix commune à l'islam modéré de France, aider les imams à lutter contre la radicalisation... Au récent Conseil des imams de France, la création d'une instance théologique pour tous les musulmans a fait débat. Interview d'Abdelali Mamoun, son porte-parole.


Comment faire émerger une voix commune à l'islam modéré de France sur des questions brûlantes de société qui interpellent et divisent la communauté musulmane? Quel peut être le rôle des imams dans la lutte contre la radicalisation de certains jeunes, qui ne passe plus nécessairement par les mosquées? Au début du mois d'avril, au Conseil des imams de France, la question de la création d'un conseil théologique, qui unifierait les positions des imams de France, a fait débat. Interview d'Abdelali Mamoun, son porte-parole.  

 

Récemment, la question de la création d'un conseil théologique musulman a fait débat au sein de la réunion annuelle du Conseil des imams de France. Etait-ce la première fois?

 

Nous avons en effet soulevé l'idée de créer une instance théologique qui émette, sur toute une série de questions, des avis, des positions compatibles à la fois avec la République et le respect de notre religion, et qui devienne ainsi un référent pour les imams de France. Comme le sont pour les catholiques ou les juifs le Consistoire des rabbins ou la Conférence des évêques de France. Aujourd'hui, et d'autant plus dans le contexte actuel, nos imams sont isolés et vulnérables face à des fidèles qui les interpellent tous les jours sur toute une série de questions, parfois d'ailleurs sur le mode: "Tu soutiens Charlie? Tu es un vendu!" En fait, comme il n'existe pas de conseil théologique légal, légitime, qui statue de manière claire au sein de la communauté musulmane, tout le monde interprète à sa guise les références religieuses. Tout le monde s'autoproclame mufti de la République, décrète ce qu'il faut penser des caricatures de Mahomet, s'il faut oui ou non venger le prophète, mettre ou non le voile intégral... Or par les temps qui courent, nous n'avons plus le droit à l'erreur, nous, les imams. Nous devons assurer un encadrement modéré de la totalité des musulmans, et non plus seulement de la majorité. Aujourd'hui, les imams ne sont pas assez formés, des mosquées se radicalisent et une petite minorité de jeunes nous échappent. Il faut réagir. 

 

N'existe-t-il pas déjà une structure du genre au sein de de la mosquée de Paris ? Et un "conseil de la fatwa" au sein de l'UOIF?


A la mosquée de Paris, c'est un conseil des imams informel qui ne se réunit qu'au début et à la fin du ramadan. Quant aux "conseils de la fatwa", oui, mais il dépend de l'UOIF (Frères musulmans), il est donc orienté. 

 

Sur quelles questions pourrait statuer ce conseil?


Exemple : les caricatures de Mahomet, qui suscitent beaucoup de polémiques au sein de la communauté. Certains sont farouchement contre la représentation du prophète. D'autres disent: ce qui est sacro-saint dans l'islam, ce n'est pas l'image du prophète mais ses valeurs, dont la liberté d'expression. Ceux qui ont étudié la théologie musulmane, les jurisconsultes du droit musulman, savent que le prophète n'aurait jamais accepté qu'on le défende par la vengeance. Dans plusieurs versets du Coran, on lit que Dieu impose à Mahomet d'être indulgent et patient envers ceux qui l'ont critiqué. Sur les caricatures, je suis ainsi de ceux qui défendent cette idée de dire: "Ecrivez ce que vous voulez, même si ça ne nous plaît pas. Mais cela est légal et impose moralement aux musulmans de ne pas réagir." 

 

Nous avons dans les sources de l'islam suffisamment d'arguments pour dire que le Coran nous impose de respecter la loi des hommes qui autorise le droit d'offense et que nous devons nous défendre contre les offenses avec les règles et les lois du pays. Le prophète s'est sacrifié et nous devons accepter ce sacrifice. Nous devons donner tous pouvoirs à la liberté. Nous avons la liberté de croire ou de ne pas croire. Nous laissons les autres avoir leurs idées. Ce sont les règles du jeu. C'est ça la grandeur de la démocratie. Et il y a bien d'autres questions, majeures, sur lesquels le conseil pourrait se prononcer : la position des musulmans sur Daech, par exemple - beaucoup pensent que Ben Laden étaient un grand homme... Ou encore le voile: comme l'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, je pense, en tant que théologien, que rien dans le Coran, ne fait du port du voile une injonction catégorique.  

 

Les musulmans ont besoin aujourd'hui d'une référence religieuse et théologique, dites-vous...


Oui, car le Conseil français du culte musulman (CFCM) a un rôle représentatif et organisationnel, pas religieux. A la différence de la Conférence des évêques de France ou du Consistoire des rabbins, composés de personnalités religieuses, le CFCM n'est composé que de laïcs, qui ne sont en outre pas choisis en vertu d'élections populaires mais d'une cooptation. Cela provoque un vrai problème de crédibilité et une frustration chez les musulmans. Or il faut que les jeunes pratiquants aient des référents et que les imams soient encadrés. Pour un imam, aujourd'hui, c'est très difficile de s'exprimer sur tel ou tel sujet, car il est soumis à trop de pressions, trop de sensibilités diverses parmi les fidèles. Il est souvent obligé de jouer les équilibristes. Si, demain, il est appuyé par une instance reconnue par l'Etat - lequel devrait nous accompagner sur ce point mais fait pour l'instant la sourde oreille, il sera beaucoup plus habilité à le faire. Il faut aider l'élite musulmane modérée à se renforcer pour lutter contre le radicalisme. Le problème est que nous faisons, pour beaucoup, cavaliers seuls.  

 

Il existe donc toujours un manque de représentation des musulmans de France?

Oui, mais en l'occurrence, il ne s'agit pas de représentation. Il s'agit de créer une référence, une lanterne pour éclairer les musulmans sur ce qu'est le message du prophète et d'essayer d'adapter les textes au contexte et l'islam aux valeurs républicaines. Le Coran est clair: il n'a jamais été question d'imposer la foi aux gens. Et arrêtons aussi les amalgames. Ce n'est pas parce que vous voyez une barbe ou un foulard que vous voyez un terroriste ! Une ultra minorité mise à part, l'écrasante majorité des musulmans sont des citoyens, français, qui sont respectueux des valeurs républicaines et désireux de vivre leur religion en paix, sans ostentation, en toute sérénité. Et nous ne pouvons pas demander à ces pratiquants d'entrer subitement dans un activisme anti-radicalisme. Car ce travail, c'est à nous de le faire, dans une actualité qui nous impose, à tous, une profonde réflexion collective.  


Source : L'express 

 

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