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Algérie. La chute du prix du pétrole annonce la fin de la paix sociale

07 janvier 2016

Algérie. La chute du prix du pétrole annonce la fin de la paix sociale

Le piège de la rente pétrolière est en train de se refermer sur l’Algérie. Si la tendance à la baisse du prix de l’or noir se poursuit, le pays va rapidement manquer d’argent pour financer ses projets de développement et pour maintenir les subventions.DEC2015

COURRIER INTERNATIONAL

 

L’Opep [Organisation des pays exportateurs de pétrole] a paru bien divisée, bien affaiblie lors de la réunion du vendredi 4 décembre. Résultat : l’organisation a décidé le maintien de la production, en dépit d’un excès de l’offre qui pousse les prix à la baisse.

Face à l’Arabie Saoudite qui tient toujours à sa politique de défense des parts de marché, le bloc des pays les plus touchés par la crise – Algérie, Venezuela, Nigeria, Iran – n’est toujours pas parvenu à un consensus sur l’organisation d’un sommet de chefs d’Etat de l’Opep qui pourrait décider d’une baisse de production.

Hors Opep, la Russie comme à l’accoutumée fait cavalier seul. Elle poursuit comme l’Arabie Saoudite une politique perdante qui consiste à augmenter les volumes de production, pour atténuer les effets de la baisse des prix sur ses revenus pétroliers. Cette indécision va plomber les prix en 2016, surtout qu’on annonce pour le début de l’année prochaine une augmentation de la production de l’Iran.
 

Le budget n’est plus soutenable

Selon des experts, les prix du pétrole pourraient descendre jusqu’à atteindre moins de 40 dollars [ce fut le cas le 8 décembre]. L’impact d’une telle évolution des prix aura des effets désastreux sur l’économie nationale : hausse des prix [à l’importation] des produits de large consommation du fait d’une dévaluation plus importante du dinar et, partant, une perte du pouvoir d’achat de la majorité des Algériens, augmentation du chômage en raison du gel des recrutements dans la fonction publique et de la baisse des investissements publics.
 

Attention, la rente pétrolière s’évapore


Ces effets négatifs vont être accentués avec l’abandon programmé des subventions envisagées par les pouvoirs publics vers fin 2016, voire en 2017. Au plan macroéconomique, on assistera à une fragilisation de la situation financière du pays : une baisse importante des réserves monétaires – diminution d’au moins 30 milliards de dollars des réserves en devises et quasi-extinction du Fonds de régulation vers fin 2016 [le Fonds de régulation des recettes (FRR), alimenté par l’argent du pétrole quand les prix étaient à la hausse et dépassaient les 100 dollars le barils, sert à financer le déficit budgétaire et des mesures urgentes du gouvernement].

Au rythme actuel de dépenses, les réserves de change ont une durée de vie de cinq ans, le Fonds de régulation un à deux ans. A court terme, la grosse difficulté financière de l’Algérie sera donc d’ordre budgétaire. Car le budget de l’Etat n’est soutenable qu’à un prix du pétrole de plus de 100 dollars. On en est loin. Le gouvernement aura ainsi de grosses difficultés à financer ses dépenses de fonctionnement et d’investissement. Moins de recrutements, moins de contrats, les entreprises pâtiront également de cette conjoncture morose.

Le gouvernement en manque de stratégie

Face à cette grave situation, le gouvernement tergiverse. Il n’a pas paradoxalement une stratégie claire, cohérente, pour surmonter cette crise, se contentant de demi-mesures, voire de mesurettes. Faut-il que la situation économique de l’Algérie se dégrade davantage pour agir ? Cette indécision au plus haut niveau de l’Etat augure la fin de la paix sociale et un grand bonjour à l’instabilité politique.
A moins que l’exécutif se transforme en un véritable gouvernement de crise et décide des mesures qui atténueront les effets de cette baisse des prix du pétrole sur les citoyens : mieux appréhender l’assiette fiscale en s’orientant vers les niches fiscales, mise en œuvre de la loi sur la normalisation [pour certifier la conformité d’un produit aux normes techniques, à travers le certificat de conformité ou l’étiquetage, indispensable pour qu’une entreprise soit autorisée à commercialiser ses produits sur le marché extérieur], réduction du train de vie de l’Etat, alternatives financières au financement par le budget des investissements publics, amélioration du climat des affaires et actions pour drainer les capitaux de l’étranger et pour stopper efficacement les transferts illégaux de devises.
 
 

Remouche Khaled

SOURCE

LIBERTÉ

 

Alger

 

Quotidien

 

80 000 exemplaires

 

www.liberte-algerie.com/

Fondé en 1992 ce journal célèbre en Kabylie a, comme actionnaire majoritaire, Issad Rebrab, un industriel proche du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Avec son hebdomadaire Economie, le groupe Liberté s’est diversifié et s’es

 

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