le collectif des musulmans citoyens français

Quelle Problématique pour le féminisme algérien ?

20 octobre 2015

Quelle Problématique pour le féminisme algérien ?

Quelle Problématique pour le féminisme algérien ?

Dans cet exposé, je voudrais surtout amener quelques éléments de réflexion nécessaires à la mise en place de stratégies relatives au féminisme, à la citoyenneté ou de manière plus générales à la question féminine. Je me suis posée deux questions : y a t il un féminisme et quelle sont ces formes ? Quels sont les éléments dont il faudrait tenir compte et comment les féministes algériennes vont se positionner par rapport aux nouveaux enjeux et aux changements (les nouveaux désordres mondiaux) internationaux qui influent nécessairement sur la société algérienne.

Je voudrais souligner que les formes de lutte du féminisme maghrébin ne sont pas et ne seront probablement jamais les mêmes que les formes du féminisme occidental, nous n’avons pas affaire au même contexte, ni aux mêmes sociétés et il faut garder l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre certains phénomènes complexes (comme l’islamisme) qui peuvent paraître simples mais dont les effêts sont contradictoires sur la société.

On ne peut pas réfléchir hors contexte international et on doit tenir compte de la mondialisation qui a des effets sur toutes les sociétés de la planète avec l’introduction des privatisations, l’ouverture des marchés nationaux et la libéralisation sauvage. Ceci rend la situation des femmes de plus en plus précaire à cause de la remise en cause des acquis sociaux (1) (l’emploi n’est plus protégé comme au temps du socialisme)(2). L’exigence de bonne gouvernance amène les institutions internationales à s’immiscer de plus en plus dans les affaires des Etats nationaux et limitent leur souveraineté et leurs politiques sociales . On connaît les effets de l’ajustement structurel sur les femmes dans les pays d’Afrique au cours de la décennie 80, qui a renforcé la pauvreté et a eu des effets sur les dépenses d’éducation et de santé.

On doit aussi réfléchir dans le contexte national où les luttes autour du pouvoir entre divers courants politiques dont le courant islamiste sont de plus en plus exacerbées. On garde à l’esprit ces éléments en abordant les problèmes liés à la question féminine.

Quelques remarques sur les changements dans la société algérienne

Les transformations dans la société algérienne

Dans la société algérienne, il y a des transformations importantes qui doivent nous amener à repenser les catégories d’analyses et les approches vis-à-vis de la question féminine. C’est un travail qui reste à faire de la part des chercheurs et des groupes de femmes. Les changements auront des effets à moyen terme et à long terme. Ces changements sont de plusieurs ordres mais je ne noterai que quelques uns qui me paraissent pertinents.

La visibilité dans l’espace public, les femmes sont nombreuses et on assiste à une féminisation de plusieurs secteurs d’activité et de plusieurs institutions : à titre d’exemple les étudiantes sont plus nombreuses à l’université et en 2006 : 56% des bacheliers étaient des bachelières, 
-   la féminisation du secteur de la santé (prés de 70% du secteur médical et para médical), 
-   la féminisation des médias qui est un secteur stratégique pour tous et qui peut amener des transformations dans l’image de la femme, 
-   la féminisation du secteur commercial et du secteur de la distribution qui les rends à la fois plus visibles mais en même temps les fragilise, ces travailleuses peuvent être exploitées sans possibilité de s’organiser et être à la merci des petits patrons (harcèlement sexuel ou moral, précarité dans les revenus), 
-   la féminisation du secteur de la justice.

Au niveau de la législation des changements ont été apportés : amendements au code de la famille et une loi sur le harcèlement sexuel. Ces changements, inconnus il y a 20 ans, vont produire des effets à moyen terme et le mouvement des femmes devrait en tenir compte dans l’élaboration de ses stratégies, si l’on veut élaborer des stratégies efficaces de mobilisation des élites et des masses féminines.

Les mouvements de femmes

Pour faire rapidement, je voudrais distinguer trois types de féminisme : le féminisme officiel, c’est par exemple les programmes du Ministère délégué à la condition féminine, le féminisme des organisations (ONG d’essence laïque mais qui ne le revendiquent pas ouvertement) et le féminisme islamiste.

Les femmes algériennes en tant qu’acteur politique ont émergé réellement pendant la guerre de libération nationale (3) et ont été extrêmement médiatisées par la presse internationale de l’époque. Ce passé « héroïque » des femmes a contribué à forger une idée de l’émancipation des femmes par l’acquisition des droits politiques et sociaux.

Les termes du discours politique dominant sont tour à tour « libération », « émancipation », « promotion » ou « évolution » connotant, selon les acteurs, l’idée même qu’ils se font du « retard » féminin. Les femmes elles-mêmes désormais mesuraient leur condition par référence à un modèle « moderniste ». Progressivement les mouvements de femmes se diversifient pour donner lieu à deux tendances distinctes (l’une d’inspiration laïque, l’autre d’inspiration islamique) (4).

Globalement et qu’elles le signifient ou pas, les femmes porte-parole de ces mouvements font partie des élites féminines privilégiées parlant au nom des « masses féminines ». En dehors des étiquettes, souvent politiciennes que l’on colle, on peut dire (parce qu’il n’y a pas moyen de le dire autrement) qu’il y a un féminisme laïc et un féminisme islamiste (5) surtout si elles se revendiquent elles-mêmes ainsi, en tant qu’acteur (6).

Quant au féminisme « officiel », lié au parti unique, il a cessé de monopoliser dans le contexte actuel la question féminine, débordé sur ses deux côtés. Ce sont les travailleuses qui constituent la base sociale du mouvement féminin laïc ou islamiste.

Le féminisme officiel ou féminisme d’Etat : c’est le ministère délégué de la condition féminine dont les pouvoirs sont extrêmement limités. Jusqu’aux années 1990, le féminisme officiel se manifestait dans l’organisation nationale des femmes algériennes (UNFA) devenue actuellement une organisation indépendante de l’Etat mais restée proche du FLN dont elle était une organisation satellite (organisation de masse), Cette organisation s’est reconvertie dans le « soutien au président » et a participé activement à la campagne électorale présidentielle de 2004.

Le féminisme « laïque »  : je garde ce mot entre guillemet mais il fait référence aux groupes et collectifs qui ont créé des associations dites indépendantes. Le féminisme « laïc » (qu’il ait été officiel, à l’époque du parti unique ou autonome aujourd’hui) revendique une citoyenneté fondée sur le travail salarié et l’égalité juridique dans la famille (7). Les revendications des « féministes laïques » portent sur l’abrogation du code de la famille, le droit inconditionnel à l’emploi, la majorité civile au même âge que l’homme. Mais dans le contexte algérien, c’est fondamentalement le problème même de la laïcisation de la société qui est posé (le lien entre « laïcité », égalité des sexes et modernité est constant)(8).

L’activité de ces organisations consiste souvent en l’organisation de séminaires, rédaction de pétitions, centres d’écoutes téléphoniques et juridiques et autres activités de formation (genre, code de la famille). Ses références et ses actions procèdent des traditions et méthodes occidentales.

Le féminisme « islamiste »  : (Malgré le fait que certains refusent ce qualificatif à ce mouvement) est peu visible mais travaille la société en profondeur par des actions de proximité : à titre d’exemple beaucoup de jeunes étudiantes sont dans les instances de l’UGEL (Union des étudiants libres, proches du parti MSP - Hamas). Si ses élites sont instruites, il est plus implanté dans les milieux populaires et se distingue par le choix vestimentaire du port du voile islamique dont les motivations sont diverses (9). Il manifeste malgré tout une adhésion à la religion quoique beaucoup disent souvent que c’est un cache misère. Fondamentalement, c’est la démonstration de leur soumission à Dieu (il ne faut pas oublier que le terme Islam veut dire soumission) en priorité puisque le hidjab est porté parfois sans l’accord des parents et même dans une lutte conflictuelle avec eux. Leur interprétation de l’Islam insiste sur l’aspect positif du Coran et sur les figures symboliques les plus importantes de l’Islam : Khadjija et Aïcha(10), les femmes du prophète. Il ne faut pas oublier que la société traditionnelle excluait les femmes du religieux officiel, leurs pratiques étaient considérées comme des pratiques sataniques (sorcellerie, rites...). Les femmes islamistes luttent aussi contre ces pratiques considérées comme un faux islam. Mais entre leur discours et leurs pratiques concrètes (qu’il faudra bien analyser un jour) on peut émettre l’hypothèse que les choses ne sont pas aussi simples (11). Mais ces femmes retrouvent à partir de la mosquée une sorte de sociabilité et recréent un monde de femmes qui a été éclaté par la modernisation brutale, mais tentent aussi un processus d’affirmation de soi-individuelle (12) contre la famille grâce à la religion. Ce qui va relativement à l’encontre de l’idée qu’elles veulent se réserver au foyer, à l’espace privé bien qu’elles revendiquent une identité de mère et une citoyenneté « religieuse ».

Mais tous les féminismes se projettent comme avant-garde sociale. Leurs pratiques militantes visant à mobiliser la société féminine autour des enjeux sociaux.

Les thématiques développés : trois thèmes sont dominants aujourd’hui dans les approches des organisations

1. La focalisation sur le genre : formation de cadres associatifs, encouragée et financée par les bailleurs de fonds, ONGS ou institutions Onusiennes qui touchent les femmes des institutions gouvernementales, les ONG laïques mais dont les femmes islamistes sont plus ou moins exclues. On a ainsi un potentiel de cadres associatifs formés dans la thématique du genre qui pourraient s’organiser pour élever le niveau des interventions de la société civile.

2. La participation politique des femmes dans les instances législatives et exécutives, les partis politiques : à titre d’exemple un mémorandum à été élaboré grâce à l’UNIFEM et en collaboration avec les femmes parlementaires et les femmes issues d’autres partis politiques pour discuter des quotas et soulever le problème de la parité dans les institutions politiques et législatives.

3. la violence envers les femmes : des études issues du centre national de santé publique, des associations ont mis en place des centres d’écoutes psychologiques avec la collaboration des fondations : par exemple le centre d’écoute de SOS femmes en détresse qui est parmi les premiers, la mise en place de réseau comme le réseau wassila (orientation, hébergement et prise en charge des personnes).

Il faut faire remarquer que deux thèmes sont exclus : l’avortement et la sexualité hors mariage ou la sexualité juvénile.

Sont identifiées ainsi plusieurs actions ponctuelles de la part de ces organisations mais on ne peut parler d’un mouvement ou d’une lame de fond susceptibles de transformer radicalement les choses. La capacité de négociation de ces groupes se révèle extrêmement limitée et diverses actions sont menés en rang dispersé et ne contribuent pas à construire un mouvement féministe et à augmenter ses capacités de lutte et d’intervention.

Certaines organisations ont toujours le projet d’arriver à une plate forme minimum entre toutes les organisations mais le terrain reste difficile, la quasi exclusion des femmes islamistes du débat ne contribue pas à préparer une relève chez les jeunes générations.

Il faut relever que la moyenne d’âge des cadres du mouvement et des groupes de femmes tourne autour de 40 et 50 ans, élites héritières du système colonial dont elles ont reçu l’éducation. Les jeunes générations qui représentent l’immense majorité dans un pays démographiquement jeunes ne sont pas mobilisées, ce sont les étudiantes d’aujourd’hui qui fabriquent la synthèse entre l’islam et la culture mondiale (symbolisé dans la mode) ces jeunes qui écoutent à la fois Amrou Khaled de la TV arabe satellitaire IKRRA et les chanteurs égyptiens ou occidentaux dont on devrait analyser les aspirations. Amrou Khaled a un succès immense auprès de cette jeunesse (tous ses Cd -Rom sont vendus en Algérie) car il évoque tous les problèmes sans tabou comme l’amour, le sida, la compréhension au sein du couple... Ces jeunes sont aussi influencées par les effets induits par l’intégration du pays dans le processus capitaliste où la mode a un poids énorme (il n’est pas étonnant de trouver à Alger des jeunes filles habillés dans cette nouvelle mode : foulard, pantalon et tee-shirt absolument à la mode). Tout cela pour souligner l’échec dans la transmission des expériences de lutte et de vie de la part des élites féminines aux jeunes générations.

Ces deux remarques donc : incapacité d’avoir une vision commune et échec de la transmission des luttes aux jeunes générations me poussent à dire qu’il y a encore plusieurs obstacles à dépasser pour arriver à un mouvement de femmes suffisamment puissant et capable d’influencer les pouvoirs publics.

1. Mettre des ponts entre générations puisque les organisations les plus visibles (organisations qui possèdent les ressources et les relations internationales) sont coupées des jeunes générations en faveur de la promotion des jeunes femmes et de contribuer à leur formation et à leur motivation afin de préparer une relève sinon elle sera exclusivement menée par les courants islamistes. Comment ? C’est le défi que doivent relever les organisations

2. Tenir compte de l’Islam : La donne de l’Islam est incontournable, alors il vaut mieux travailler avec cette donnée que de l’ignorer (aux prochaines élections législatives on verra si les groupes de femmes vont travailler ensemble pour favoriser les candidatures féminines). La référence à la religion est un élément clé de la société algérienne : on ne peut pas faire comme si cela n’existait pas. Il s’agit de trouver les biais pour amener un débat entre tous les groupes et surtout identifier ce qui peut unir les femmes aujourd’hui plutôt que ce qui peut les diviser. S’il n’y a pas de dialogue possible sur certains problèmes (exemple : l’avortement) il peut y avoir unité sur d’autres (par exemple : le harcèlement sexuel, la participation politique etc.)

3. Enfin, il faut partir des problèmes réels et des besoins des femmes et non appliquer des orientations extérieures qui répondent plus parfois aux besoins des organismes internationaux (banque mondiale, institutions onusiennes, divers bailleurs de fonds). La coopération doit servir les intérêts de ces populations et non l’inverse. Par exemple, on voit actuellement plusieurs séminaires sur les femmes organisés par le département d’Etat américain dans le sens de la politique du Grand Moyen Orient et dont le but évident d’obtenir des élites féminines arabe une adhésion totale à la politique américaine au Moyen Orient .

En conclusion

Il y a une complexité des enjeux nationaux et internationaux (domination patriarcale et mondialisation). S’agissant de la société algérienne, il y une sorte de crispation identitaire au niveau de certains mouvements qui me parait être un effet direct de la situation coloniale et qui en porte encore les séquelles. Un responsable français de l’époque disait : « ayons les femmes, nous aurons le reste » ce qui souligne l’idée et la croyance que les femmes sont la base de la société. Et ceci a durablement traumatisé la société algérienne.

Bien sûr, l’Etat colonial n’a en rien changé la situation des femmes, mais les femmes sont « devenues » durablement les principales « gardiennes » des valeurs nationales et considérées comme telles par tous les pouvoirs et tous les groupes sociaux : le lien ténu entre l’identité culturelle et les femmes est devenu prééminent dans l’esprit de la société ( gardienne des traditions, gardiennes de la langue pour certains groupes, gardiennes de la religion) : toute la thématique anticoloniale du mouvement de libération a magnifié ce rôle : il en reste des effets et les traumatismes psychologiques sont toujours plus difficiles à effacer. Le discours sur les femmes n’est jamais innocent, ni indifférent aux enjeux conflictuels entre les groupes sociaux et entre les Etats du Nord et les Etats du Sud. Il faut y réfléchir pour éviter les crispations identitaires que l’on ressent aujourd’hui. Enfin ce qui est proposé aux femmes aujourd’hui (la modernité) n’est pas clairement définie. Il y a une difficulté réelle pour définir la modernité s’agissant des femmes.

Contrairement aux mouvements islamistes qui ont des références culturelles plus ou moins partagées par la société ou du moins qui s’y identifie, les élites modernes apparaissent souvent comme « extérieures » au corps social ou trop lointaines. Il faut sans doute dire que les discours politiques modernes se contentent souvent d’affirmer des incantations comme « faire de la femme une citoyenne à part entière » mais ne donnent pas les moyens aux femmes de le devenir. Il y a une vraie réflexion à mener au sein du mouvement des femmes, et avec toutes les femmes sans exception pour identifier les besoins, les désirs des femmes et surtout les priorités pour elles aujourd’hui. Les prochaines élections locales et législatives (2007) devraient être un moment de confrontation et de collaboration bénéfique entre tous les groupes de femmes. Nous verrons.

Saliha Boudeffa

Chargée de cours à la Faculté de Sciences Politiques et de l’Information

Université d’Alger

Notes :

1. Voir les cahiers "Genre et Développement". "Genre, mondialisation et pauvreté, Nº2,2002, Genève.

2. Cf. la communication de Aïcha Kouadri. Les femmes salariées permanentes sont passées de 69,6% en 1996 à 52% en 2003 et le mouv ement va en s’amplifiant. In : "Accès des femmes aux postes de décision", communication Rencontre "Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée", Novembre 2006.

3. Fanon, F. Sociologie d’une révolution, Maspero, Paris 1975.

4. Il n’y a rien d’étonnant à cela, la société dans son ensemble a évolué ainsi. Cf. P. Burgat, L’Islamisme au Maghreb, Paris, Karthala 1988. Botineau, Al Hanaf et Fregosi,F. l’Algérie par ses islamistes, Paris, Karthala, 1991.

5. Bien sûr qu’elles ne se revendiquent pas en tant que telles dans leurs discours mais auraient tendance à s’inscrire dans le concept de modernité.

6. De même, il me parait abusif d’accorder aux femmes une détermination idéologique spécifique, surtout lorsqu’elles se présentent sur la scène politique comme actrices et négocient sur le même terrain car "le terme acteur peut donner l’impression de la souveraineté mais il parle de lui-même pour qui veut l’écouter. L’acteur est un récitant qui par le détail de sa narration et de sa gestualité interprète un scénario, ce n’est jamais que la variation d’un thème prescrit", Govaerts, F. Pge 124

7. L’égalité des sexes est codifiée dans les trois constitutions algériennes (1963, 1976 et 1989)mais pas dans le code de la famille, adopté en 1984. L’histoire du code de la famille (inscrit à l’ordre du jour depuis 1963) est significative de l’enjeu des luttes sociales que représentent les femmes. Il n’était pas facile de codifier à l’interieur de la famille, considèrée comme sphère privée où l’Etat n’avait pas le droit de pénétrer sans s’attaquer à la "liberté" des individus, mais encore l’existence d’un droit musulman fixé depuis des siecles était consideré comme un rampart contre le droit positif occidental. les points de controverses fondamentaux sont la majorité civile des femmes, le divorce, l’héritage et la nafaqua.

8. Saliha Boudeffa : "Travail au féminin : identité et société en Algérie, Quelles perspectives ?" Travail final présenté en vue de l’obtention du diplôme de troisième cycle en Population et Développement. Université de Louvain La neuve. Belgique 1992.

9. A ce propos Belhassar Souhayr "Femmes tunisiennes islamistes", in Le Maghreb musulman en 1979. Paris, CNRS, 1981,pp 77-94.

10. Aïcha était la dernière femme du prophète . Elle avait dirigé la guerre contre le dernier Calife et l’avait perdue, mais aux yeux des musulmans, elle a créé une "fitna" (c’est à dire une guerre civile). Les musulmans n’ont cessé depuis de divulguer un hadith soutenant que "ne connaitra jamais la prosperité un peuple qui confie ses affaires à une femme", d’où l’idée de l’exclusion des femmes de la politique. Mais Mernissi tente à partir de sources historiques de montrer que la fabrication de faux hadiths était devenu une spécialité dans les luttes pour le pouvoir. Le harem politique, chap.II

11. De par mon observation personnelle, les femmes en hidjab que l’on rencontre chez les talebs et les marabouts sont aussi nombreuses que les femmes sans hidjab.

12. Ferchiou, S. "Dès le moment où elles acceptent de porter le voile, symbole de l’interiorisation de l’idéologie integriste et de leur discopurs identitaire, les femmes acquierent le droit de participer aux activités militantes. Pour l’entourage familial, elles deviennent comme asexuées, elles peuvent sortir seules, allez où elles veulent et quand elles le veulent, même la nuit s’il le faut. L’adhesion au mouvement, symbolisé par le voile, leur confère un certain prestige et un rôle de leader auprès des autres femmes...". Pouvoir, contre pouvoir et societé en mutation, in Peuples méditerranéens, 48-49, juillet-décembre 1989, p.90

Communication présentée lors de la Rencontre Internationale :

"Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée"

El Prat de Llobregat,16-19 novembre 2006

ACSUR-Las Segovias, en colaboration avec "Femmes en Réseau" (- Mujeres en Red -)et "Plateforme pour les Droits Humains des Femmes" (Plataforma para los DDHH de las Mujeres)

Et l’appui de AECI et de ACCD.

 

Vers une nouvelle Algérie ? L'Algérie à la croisée des chemins