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Comment est organisé l’islam de France ?

Dans un entretien au Monde, le premier ministre, Manuel Valls, s’est dit « favorable » à une interdiction du financement étranger des mosquées et a souhaité « inventer une nouvelle relation » avec l’islam de France.

 

LE MONDE | 29.07.2016 à 16h55 • Mis à jour le 30.07.2016 à 12h07 | Par Samuel Laurent et Mathilde Damgé

 

A l’issue d’une rencontre, mercredi 27 juillet, à l’Elysée, entre François Hollande et les représentants des cultes, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait lui-même suggéré « une certaine réforme dans les institutions » de l’islam.

 

Comment s’organise l’islam de France ? Comment est aujourd’hui financée la pratique du culte musulman ? Le point en cinq question

 

1/Combien de musulmans et de mosquées en France ?

Premier point, qui peut sembler évident, mais qui ne l’est pas toujours dans les discours : l’islam, comme le catholicisme et le bouddhisme, est une croyance religieuse. On peut donc y croire ou non, ou en observer plus ou moins les pratiques. On ne naît pas musulman, même si on peut naître dans une famille qui adhère à cette religion.

C’est ce qui explique la difficulté à comptabiliser le nombre de musulmans vivant en France, outre le fait que la loi française interdit de recenser les populations par religion. Le ministère de l’intérieur parle de 4 à 5 millions de personnes, mais ce chiffre est une extrapolation fondée sur l’origine géographique des populations, et non sur un recensement précis.

Autre chiffre : en 2008, l’enquête « Trajectoire et origines » menée par l’Insee et l’INED, sur la base de sondages, estimait les fidèles musulmans à 2,1 millions.

Par ailleurs, croire n’implique pas forcément une pratique régulière : seules 41 % des personnes « d’origine musulmane » se disaient « croyantes et pratiquantes », selon une enquête de l’IFOP pour le journal La Croix en 2011.

Les lieux de culte musulman sont plus précisément comptabilisés : 2 449 en 2012, dont 318 outre-mer. Néanmoins, un lieu de culte n’est pas forcément une mosquée et nombre de musulmans français prient dans des salles discrètes non officielles. Sur l’ensemble des mosquées, seules 64 mosquées sont dotées de minarets.

2/Comment se finance le culte ?

En France, la loi de 1905 interdit à l’Etat de financer quelque culte que ce soit. Il existe plusieurs exceptions, notamment en outremer, mais la plus connue est celle du concordat en Alsace-Moselle. Ces départements étant allemands à l’époque de la séparation des églises et de l’Etat, ils ont gardé ce statut datant de 1802, qui autorise la puissance publique à rémunérer prêtres, pasteurs et rabbins.

Autre exception inscrite dans la loi de 1905 : « Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. » Ainsi, des aumôneries sont subventionnées par l’Etat dans l’armée, les prisons et les hôpitaux. Par exemple, les aumôniers militaires sont des contractuels de l’armée, qui occupent un grade.

Ailleurs sur le territoire, il est impossible à l’Etat où à une collectivité de financer la construction d’une mosquée ou de salarier un imam. C’est donc aux fidèles de trouver des financements. Ceux-ci le font le plus souvent par des collectes, parfois en faisant appel à un mécénat de l’étranger.

Amar Lasfar, président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui rassemble le nombre de mosquées le plus important parmi les grandes fédérations nationales, a ainsi indiqué, dans le cadre d’un rapport sénatorial de 2016, que « hormis une vingtaine de mosquées financées par des organisations ou des Etats étrangers, l’immense majorité est financée par la communauté musulmane ».

Pour les imams, ce sont bien des bénévoles en majorité (700 à 800 d’entre eux, soit environ un tiers, seraient rémunérés à temps partiel ou à temps complet).

L’autre source de revenus est celle du halal, la nourriture (principalement animale) que consomment les musulmans pratiquants, et qui doit avoir été préparée d’une certaine manière et certifiée par une autorité compétente, en général une grande mosquée (Paris, Evry ou Lyon). Mais, tout comme les comptes des mosquées, il est très difficile de trouver des chiffres fiables sur ce marché.

3/Comment est organisé l’islam ?

Il n’existe pas dans l’islam de réel « clergé » qui fournirait une hiérarchie et des représentants identifiés. En réalité, un imam est avant tout un « guide » de la prière, qui peut être élu par la communauté, et n’a pas nécessairement de formation spécifique.

Ils sont étrangers pour la plupart (seuls 20 % à 30 % des imams auraient la nationalité française), le plus souvent issus de la même communauté d’origine que celle de la mosquée à laquelle ils sont rattachés. Il arrive que des imams viennent de pays où ils ont un statut public (MarocAlgérie ou Tunisie), mais ce n’est pas la majorité des cas (300 imams sur 2 500 lieux de culte en France).

titre de comparaison, les prêtres catholiques étrangers représenteraient environ 10 % de l’effectif total des prêtres en activité pastorale dans les diocèses de France, soit quelque 1 500 prêtres.

Cet éclatement de la communauté musulmane, lié aux courants spirituels et aux nationalités d’origine des communautés, ne facilite pas son organisation en France. Pour y pallierNicolas Sarkozya initié la mise en place, en 2003, du Conseil français du culte musulman (CFCM) et de ses antennes régionalisées, supposés constituer une instance de dialogue et d’organisation. Mais cette institution est paralysée par des querelles d’influence intestines et peine à se faire entendre.

Plusieurs responsables musulmans ont critiqué, dans les dernières années, les liens du CFCM avec les autorités françaises : le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane (membre de l’UOIF) a par exemple dénoncé « la gestion de l’islam de France par la Place Beauvau [ministère de l’intérieur] et les consulats » des pays d’origine des fidèles musulmans.

4/Combien de lieux « radicalisés » ?

Corollaire de celle du terrorisme, la question de la radicalisation qui s’opérerait dans certaines mosquées, le plus souvent du courant salafiste, est souvent posée. Le salafisme, courant issu d’Arabie saoudite et prônant un retour à un islam « des origines », est bien souvent accusé d’être un terreau de radicalisme, même si la plupart des salafistes sont quiétistes, et ne prônent pas le djihad armé, apanage du courant « takfiriste ».

Le salafisme encourage le prosélytisme, au détriment de courants plus modérés. On compterait une petite centaine de mosquées salafistes en France, notamment à Marseille et en région parisienne. Si le salafisme promeut le voile intégral, la soumission de la femme à l’homme et fait de la visibilité de la religion dans la sphère publique un combat, on ne peut pas pour autant le rendre« responsable » des attentats.

Les profils des djihadistes ayant frappé la France ne correspondent en général pas au cliché du salafiste barbu ayant étudié le Coran durant des années, mais plutôt à de jeunes délinquants radicalisés en prison ou par de la propagande sur le Web.

5/Quelles sont les pistes de réflexion ?

Les questions qui se posent sont donc multiples : ne pas financer le culte implique que les fidèles musulmans doivent soit pratiquer leur religion dans des lieux inappropriés (Nicolas Sarkozy parlait ainsi d’« islam des caves ») et peu surveillés, ou faire appel parfois à des pays étrangers pour financer mosquées ou imams, qui ne prêchent pas toujours en français.

Mais financer le culte est impossible, la France étant laïque ; d’où le recours, dans certaines municipalités, à des « ruses », comme des associations, ou des lieux à destination multiple abritant notamment des salles de culte.

Au-delà de la question du financement se pose celle de la formation des imams et du contenu des prêches. Plusieurs imams salafistes, très visibles sur Internet, diffusent ainsi des discours radicaux, notamment l’imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa, objet d’une enquête judiciaire.

Plusieurs voix cherchent désormais à trouver d’autres solutions pour mieux cadrer le culte musulman. Et se tournent notamment vers le cas alsacien et mosellan. Un écho du Canard Enchaînéprêtait une réflexion de ce type au ministre de l’intérieur et des cultes, Bernard Cazeneuve, qui a fermement démenti, mais confirme mener une réflexion, notamment sur la formation des imams.

Il est rejoint sur ce sujet par Manuel Valls, qui lui non plus n’utilise pas le terme de « concordat », ce qui impliquerait de financer le culte musulman en France (ce que prône, par exemple, Jean-François Copé). Mais le chef du gouvernement se prononce en faveur d’une « nouvelle relation avec l’islam de France », un « nouveau modèle » qui inclurait la formation des imams « en France et pas ailleurs ».

Autre piste : l’encadrement et la surveillance. Dans son entretien, vendredi 29 juillet, Manuel Valls a précisé que les autorités françaises avaient déjà « expulsé quatre-vingts imams ou prêcheurs de haine ».

Il est également possible de fermer des mosquées : plusieurs lieux de cultes ont d’ailleurs fait l’objet, dans les dernières années, d’une fermeture sous le régime de la dissolution des groupements de fait ou des associations portant gravement atteinte à l’ordre public.

Les propositions de Manuel Valls ne sont pas inédites dans le débat politique. Lors de la présentation du rapport du député-maire socialiste Sébastien Pietrasanta, le député Les RépublicainsGuillaume Larrivé avait souhaité que « le ministre de l’intérieur ait le pouvoir de s’opposer à l’ouverture ou celui d’ordonner la fermeture de tout lieu de culte présentant une menace grave pour la sécurité nationale. Cette mesure principale devrait être assortie d’une mesure complémentaire qui serait l’interdiction de tout financement étranger direct ou indirect des lieux de culte ».


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/29/comment-est-organise-l-islam-de-france_4976389_4355770.html#7Mw2B9Pbhx1PsysF.99

Géopolitique du culte musulman en France : des rivalités locales aux enjeux internationaux

 

De par la diversité des acteurs et des enjeux qui lui sont liés, le culte musulman en France s’inscrit dans une dynamique complexe qui semble être un frein à sa gestion et à sa représentativité cultuelle.

Thomas Ciret est étudiant en Master 2 à l’Institut Français de Géopolitique (IFG, Université Paris VIII). Ses recherches de Master 1 ont porté sur l’analyse géopolitique du projet d’aménagement de la Grande Mosquée de Marseille. Il est également titulaire d’un Bachelor en journalisme et a travaillé dans diverses rédactions, notamment : 01 net, L’Express et Ouest-France.

La surreprésentation de la dimension sécuritaire, d’autant plus forte depuis les attentats de janvier et de novembre 2015, pourrait amener à penser que le djihadisme résume les enjeux géopolitiques liés à l’islam en France. Si le djihadisme mouvance et idéologie politique radicale et fondamentaliste qui diffère de l’islam [1] et légitime la violence armée « par un vocabulaire religieux islamique » [2] représente bien un enjeu en soi, la géopolitique de l’islam en France est avant tout liée à la question de la représentation du culte musulman. Environ 4 millions de personnes [3] vivant en France sont musulmanes, soit 6 % de la population. Diverse, discriminée [4] et disposant de lieux de culte manquant de ressources, la « communauté musulmane » [5] représente des enjeux multiples pour des acteurs aux intérêts géopolitiques propres. Ces intérêts sont disputés dans un mélange subtil d’influences, de rivalités, de contrôle, d’alliances et d’intérêts communs. En détaillant les contextes géopolitiques locaux (I) puis internationaux (II), nous essaierons d’analyser en quoi ils peuvent être générateurs de blocages concernant la structuration et la représentativité du culte musulman en France (III).

I. L’échelle locale, un déterminant majeur

En France, le rapport à la religion est largement façonné par la laïcité et la loi de 1905. Localement comme nationalement, cette conception ne se traduit évidemment pas par une ignorance du religieux par l’État [6] mais façonne les représentations concernant la visibilité du culte dans l’espace public. Cela peut se traduire par des tensions entre partisans d’une laïcité rigoureuse et défenseurs d’une approche plus ouverte ainsi que par des recours en justice – de l’extrême-droite notamment – à l’encontre de projets de construction de mosquées, comme cela a été le cas pour le projet de la Grande Mosquée de Marseille. Dans ce contexte complexe, l’État français a pour principal intérêt le bon déroulement de l’exercice du culte et son « intégration » [7] à la vie de la cité (protection de mosquées, campagne contre les actes anti-musulmans) bien que ces actions soient parfois contestées. Il existe aussi un intérêt sécuritaire fort (lutte contre le djihadisme et l’intégrisme) et les mosquées et les imams peuvent être surveillés de près [8] (fermeture de mosquées pour insalubrité, non renouvellement de cartes de séjour [9]). En fonction des situations et des stratégies, l’État est à même de favoriser certains notables (voir définition plus bas) comme des représentants légitimes de la « communauté musulmane », quitte à utiliser les rivalités dans un souci d’influence. Parfois, parce qu’ils encadrent et limitent la radicalisation, des imams se revendiquant du salafisme ont pu émerger « en tant qu’interlocuteurs privilégiés des maires, des préfets et des Renseignements généraux » [10].

La « communauté musulmane » en France est principalement représentée par des notables [11] (imams, dirigeants d’associations séculières ou religieuses, élus, chargés de mission, bouchers, commerçants, voyagistes spécialisés dans les pèlerinages [12]). Les notables sont des personnes auxquelles la situation sociale confère une certaine autorité dans les affaires publiques [13]. Dans le cadre du culte musulman en France, la société civile locale est souvent définie par des critères confessionnels ou communautaires [14]. Cet environnement pousse sciemment ou inconsciemment des notables à utiliser une « symbolique communautaire » [15] qui utilise la représentation de la « communauté musulmane », notamment lors de prises de positions ou de « discours sur la légitimation et la reconnaissance de la population musulmane » [16]. Par ces prises de position, les notables ont « l’espoir de négocier des avantages matériels, financiers ou symboliques » [17] pour leur situation personnelle/mosquée/fédération/réseau. Ils peuvent ainsi se positionner comme des représentants légitimes auprès de la « communauté musulmane », des pouvoirs publics, de grandes fédérations nationales, de réseaux transnationaux ou bien des États étrangers. Pour ces notables, il est difficile de séparer la pratique religieuse des intérêts propres [18] et le culte peut ainsi être porteur d’enjeux interliés : économiques (halal, pèlerinage, dons), politiques (clientèle, influence médiatique et communautaire) ou cultuels (élections du Conseil Régional du Culte Musulman, CRCM). À la croisée de ces enjeux, les mosquées importantes peuvent être des lieux stratégiques, d’autant plus qu’elles confèrent un rayonnement, une représentation de licéité [19] et de confiance, ou encore des délégués aux élections du CRCM. D’où l’existence de rivalités fortes concernant le contrôle des associations cultuelles ou culturelles qui en ont la gestion. Ces rivalités peuvent notamment résulter en des poursuites judiciaires contestant les assemblées générales associatives, comme cela a pu être le cas au sein de l’Association des musulmans de Gironde à Bordeaux [20], de l’Association cultuelle islamique de Marseille de la mosquée de la Porte d’Aix [21], ou bien au sein de la mosquée Adda’wa à Paris [22].

De par son pouvoir administratif et politique, la municipalité, et principalement le maire, est un acteur déterminant [23] de la question cultuelle car il définit le cadre de la pratique locale du culte musulman [24]]. Il choisit la personne (élu ou membre de cabinet) qui s’occupera de cette mission, il peut mettre en place des subventions pour des associations, financer la partie culturelle d’un projet, faciliter l’obtention d’un permis de construire ou encore mettre à disposition un terrain via un bail emphytéotique [25]. En fonction du contexte local (extrême droite puissante), de leurs intérêts (besoin de voix lors d’élections municipales [26], contrôle des réseaux, collecte d’information, paix sociale) et représentations (de la laïcité [27], de l’islam, du fondamentalisme), les maires sont en mesure de légitimer un acteur ou de faire avancer ou reculer un projet [28] de construction de mosquée. Ainsi, ils s’insèrent dans le « processus d’organisation de la minorité musulmane » [29], comme cela a pu être le cas à Montreuil [30] ou Montpellier [31], au risque parfois d’être source d’une forme de clientélisme électoral [32].

Certains États étrangers, principalement l’Algérie, le Maroc et la Turquie, exercent une influence [33] sur les expatriés et binationaux qui résident en France. Localement, leurs enjeux en France peuvent être la collecte de renseignements, un certain contrôle sur les mosquées, ou la victoire de notables proches de leurs intérêts lors d’élections du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Parmi les grandes fédérations qui structurent la représentation de l’islam en France, certaines sont liées à des États étrangers, comme l’Union des mosquées de France (UMF), proche du Maroc, la Fédération Nationale de la Grande mosquée de Paris (FNGMP ou GMP), proche de l’Algérie, le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), proche de la Turquie. Néanmoins, il ne s’agit pas de surévaluer le rôle des États qui sont en fait pris dans des relations complexes : ils peuvent être sollicités par des notables locaux ou par des fédérations dans le cadre d’intérêts communs ou afin de tirer parti de leurs ressources [34] (influence auprès des pouvoirs publics locaux, place sur des listes électorales du CFCM, financements) et ne contrôlent pas forcément les dons privés de mécènes de leurs nationalités qui peuvent financer des projets [35]. Il existe également d’autres fédérations, comme l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), proche de l’idéologie islamiste des Frères musulmans [36], qui dispose d’un réseau important [37] dont des associations (les Jeunes Musulmans de France, la Ligue Française de la Femme Musulmane, etc.), des écoles privées [38], une soixantaine de mosquées [39], et un rassemblement annuel au Bourget, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF). Enfin, il existe aussi des réseaux transnationaux islamistes comme le mouvement Tabligh (notamment l’association Foi et Pratique), le Millî Görüş (principalement la Tendance nationale union islamique en France dans l’est de la France) [40] ou encore les salafistes, avant tout quiétistes (une centaine de mosquées) [41].

II. L’échelle internationale, une géopolitique indépassable ?

Pour des raisons historiques, l’échelle internationale tient un rôle important dans la question du culte musulman en France. La mise en place de l’Empire colonial français a créé un véritable lien entre la France, l’islam et les musulmans. L’édification en 1926 de la Grande Mosquée de Paris en est le symbole. Si la construction rend hommage aux morts de confession musulmane qui ont combattu pour la France, elle est aussi un outil d’affirmation de l’Empire comme « puissance musulmane » [42] dans la rivalité avec le Royaume-Uni sur le Levant et illustre une logique de contrôle de l’islam par l’État [43]. Cette logique continue en partie à façonner la représentation qu’a l’État français de l’islam en France, « au risque même de privilégier une option diplomatique ou sécuritaire au détriment de l’existence d’un islam « réel » au sein des territoires » [44]. Au vu des deux attentats djihadistes de 2015 et des 1 090 ressortissants français ou résidents en France qui se trouvent, sont en transit ou sont revenus de la zone irako-syrienne [45], cette perception sécuritaire de l’État français reste majeure et s’est traduite, à la suite de la mise en place de l’état d’urgence, par la prononciation de 49 expulsions d’imams et la fermeture de 12 mosquées [46]. Bien que le djihadisme soit avant tout une mouvance politique fondamentaliste et radicale qui n’est pas proprement liée au culte, il crée un besoin spécifique aux services de renseignement qui peut amener à une surveillance de lieux et de personnes liés au champ cultuel (imams, mosquées).

En France, ce sont principalement les États d’origine des musulmans installés dans le pays qui sont impliqués dans la question cultuelle, particulièrement l’Algérie et le Maroc, rivaux historiques. Leur intérêt, au-delà de la dimension sécuritaire qu’ils partagent avec l’État français, est, on l’a vu, de conserver une influence locale et un certain contrôle auprès de ressortissants et binationaux et « de jouer un rôle dans le processus d’organisation de la minorité musulmane en vue d’acquérir des ressources supplémentaires dans les négociations avec l’État français » [47]. L’enjeu tient autant de la diplomatie que d’un soft power symbolique et religieux lié à une question de prestige au sein de la « communauté des croyants » française ou mondiale [48] sans forcément être porteur de contraintes doctrinales [49]. États et réseaux transnationaux, qui ne sont pas uniformes et dans lesquels il existe des rivalités internes, ont ainsi développé une politique d’influence via de grandes fédérations, l’envoi d’imams salariés ou encore les financements de mosquées, bien qu’ils soient rares et proviennent essentiellement de musulmans vivants en France [50]. À titre d’exemple, les frais de fonctionnement de la Grande mosquée de Paris étaient financés à hauteur de 1,8 million d’euros par an [51] par l’Algérie, la Grande mosquée de Strasbourg a été financée à hauteur de 53 % de 10,6 millions d’euros par le Maroc, l’Arabie Saoudite et le Koweït [52] et la Grande mosquée de Saint-Étienne à hauteur de 6 millions d’euros par le roi du Maroc, Mohammed VI [53].

III. Un culte musulman français structuré par les contextes géopolitiques locaux et internationaux

Ces contextes géopolitiques ont – et ont eu – une influence sur la structuration du culte en France. Les gouvernements français ont eu tendance à prendre comme interlocuteurs les principaux États d’origine jusqu’au début des années 1980 [54]. Ces États ont ainsi longtemps joué un rôle important dans la représentation du culte, d’autant plus qu’ils ont été sollicités par des notables locaux (associations cultuelles et fédérations) [55], que ce soit par nationalisme, par intérêt personnel ou par manque de ressources. À partir des années 1980, les changements sociologiques propres aux musulmans en France [56] « ont érigé l’organisation de l’islam en enjeu politique national » [57] et l’État français a organisé par le haut plusieurs instances de réflexion et de construction de l’islam qui ont débouché sur la création du CFCM en 2003. L’instance a rapidement été sujette aux rivalités entre l’État, des notables, les États étrangers et les grandes fédérations représentant le culte. Bien que le bilan du CFCM ne soit pas nul (structuration d’aumôneries musulmanes, création d’un Observatoire national de l’islamophobie), cette situation a entraîné une certaine paralysie (boycott des élections par la GMP en 2008, 2011 et l’UOIF en 2011 et en 2013). Jugé comme étant trop proche des États étrangers, le CFCM souffre d’un manque de crédibilité, d’autant plus que l’institution est peu représentative : la participation aux élections, non obligatoire, est en baisse [58] et le nombre de délégués votant pour des listes se mesure principalement en fonction du nombre de m² de la salle de prière [59]. À cause des contextes géopolitiques locaux et internationaux qui donnent un pouvoir important aux notables et aux États étrangers, le CFCM a permis un certain « renforcement, voire la constitution d’une emprise nouvelle des États d’origine sur les lieux de culte » [60], bien que la situation semble plus complexe (affirmation de grandes mosquées régionales, notables plus autonomes, modification des statuts du CFCM en 2013).

Si l’État français était sans doute conscient de cette situation de blocage, il semble que les attentats djihadistes de 2015 l’aient poussé à faire évoluer la question du culte. Sans remettre en cause le CFCM, qui y est bien représenté [61], le gouvernement a mis en place une « instance de dialogue avec l’islam » censée « mieux refléter la diversité des musulmans, à travers notamment ses intellectuels et ses leaders associatifs » [62]]. Si cette instance peut être une mesure d’affichage, elle semble manifester la volonté de dépasser les rivalités pour faire avancer les problématiques cultuelles. Elle pourrait aussi être un signal envoyé au CFCM afin qu’il essaie de gagner en indépendance et devienne force de proposition, ce qui, selon les déclarations de son président Anouar Kbibech [63], semble plutôt fonctionner. Néanmoins, Bernard Godard, ancien fonctionnaire du Bureau central des cultes, décrit l’instance de dialogue comme « une première étape positive mais non suffisante » [64]. Les problématiques restent en effet nombreuses – formation des imams, financement du culte, transparence et bonne gestion des fonds [65], statut pour les aumôniers musulmans, meilleure représentativité du culte, etc. – et on peut craindre que les rivalités au sein du CFCM [66], entre États et entre grandes fédérations ne bloquent la situation. Focalisé sur les aspects sécuritaires, l’État français pourrait également être tenté de renforcer sa collaboration avec les États étrangers plutôt que de réformer profondément la représentation du culte (quitte à faire perdre un certain pouvoir à ces États) [67].

De par la diversité des acteurs et des enjeux qui lui sont liés, le culte musulman en France s’inscrit dans une dynamique complexe qui semble être un frein à sa gestion et à sa représentativité cultuelle. Néanmoins, à en croire les annonces récentes du CFCM et du gouvernement (mise en place d’un Conseil théologique et de l’instance de dialogue), les attentats de 2015 ont aussi créé une fenêtre politique. Une place plus grande à un « islam réel » [68], français, local, plus représentatif des 4 millions de musulmans et éloigné des consulats, serait-elle en train de se faire ? Si le pari est stratégique et de longue haleine, les enjeux le sont tout autant (renforcement du soft power français, accès à un culte digne qui a toute sa place dans la cité et qui définit sa propre théologie, loin de notabilités parfois léthargiques). Cela permettrait peut-être d’enrayer le risque de dissociation entre l’opinion publique et l’islam [69] – qui pourrait être utilisée par « l’ultra-droite » [70] comme par les djihadistes – ainsi que le repli identitaire [71] qui peut parfois caractériser la société française.

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 [1] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 3 et 99.

[2] Bonnefoy Laurent, Lacroix Stéphane, « Le problème saoudien », La Revue du Crieur, n° 3, mars 2016, p. 37.

[3] Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques qui utilise la méthodologie suivante : « La définition retenue pour qualifier les « Musulmans » est l’affiliation religieuse auto-déclarée. [...] L’information est disponible dans l’enquête pour les personnes âgées de 18 à 60 ans, ce qui représente 2,4 millions de Musulmans. Comme l’information n’est pas disponible dans les mêmes termes pour les groupes d’âges inférieurs et supérieurs, nous avons construit des estimations à partir des effectifs des pays d’origine des personnes ou de leur(s) parent(s), […] ». Cf. Simon Patrick et Tiberj Vincent, (2013), Document de travail n° 196 : « Sécularisation ou regain religieux : la religiosité des immigrés et de leurs descendants », Institut national d’études démographiques, p. 6.

[4] Observatoire national contre l’islamophobie, Communiqué de presse : Bilan des actes antimusulmans 2015, [en ligne], 20 janvier 2016.Disponible sur : http://www.lecfcm.fr/wp-content/upl... [consulté le 31 mai 2016] ; Collectif contre l’islamophobie, (2015), Rapport annuel 2016 sur l’année 2015, [en ligne], p. 15. Disponible sur http://www.islamophobie.net/sites/d... [consulté le 31 mai 2016].

[5] La « communauté musulmane » est avant tout une représentation géopolitique. Cette représentation préfigure l’existence d’une communauté des musulmans existant localement ou à l’échelle de la planète, l’Oumma islamiyya. Pourtant, quel est le lien entre une jeune française urbaine de confession musulmane et un vieux bédouin qui vit en Arabie Saoudite, en dehors de leur appartenance à la même religion ? S’il existe un « référent communautaire islamique », le rapport à la société et les pratiques religieuses divergent selon les courants, langues, ethnies et nations, la connaissance de la religion, les idéologies et les rites. Ces champs influent les manières de vivre l’islam et d’être musulman. C’est pourquoi nous choisissons de parler de communauté musulmane entre guillemets. Néanmoins, la représentation de la « communauté musulmane » produit des effets politiques. Certaines municipalités peuvent ainsi aimer croire en l’existence d’un « vote musulman ». « La variable religieuse n’est, très généralement, qu’un paramètre parmi d’autres dans la détermination du choix ultime » rappelle pourtant Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à l’Institut d’Études Politiques de Lyon. Cf. Telhine Mohammed, (2010), L’islam et les musulmans en France : une histoire de Mosquées, Paris, L’Harmattan, p. 31. ; Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 121 ; Auteur inconnu, « Le vote musulman n’existe pas », Atlantico, 7 janvier 2015. Disponible sur : http://www.atlantico.fr/rdv/politic... [consulté le 18 juin 2016].

[6] Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[7] Ibid.

[8] Bariki Salah-Eddine, Bruschi François, Lorcerie Françoise (dir.), (1999), Rapport pour la mission de recherche Justice et droit : « “Les étrangers face au droit” : Les populations d’origine maghrébine et comorienne de Marseille », Ministère de la Justice ; CNRS-IREMAM ; La Documentation française, p. 89. ; Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[9] Jouanneau Solenne, « Imams en France, loin des clichés », Le Monde Diplomatique, n° 745, avril 2016, p. 22.

[10] Bonnefoy Laurent, Lacroix Stéphane, « Le problème saoudien », Op. Cit., p. 40.

[11] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte…, Op. Cit., p. 165.

[12] Temime Émile (dir.), Jordi Jean-Jacques, Sayad Abdelmalek, (1991), Histoire des migrations à Marseille : Tome 4 : Le choc de la décolonisation : 1945-1990, Aix-en-Provence, Edisud, p. 181.

[13] Rey A., Rey-Debove J. (dirs.), « Notable », Le Petit Robert : Dictionnaire de la langue française, (1989), Paris, Dictionnaires Le Robert, p. 1281.

[14] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Chapitre VII. La reconnaissance politique de la minorité musulmane, pp. 123-136.

[15] Geisser Vincent, Kelfaoui Schérazade, (2001), « Marseille 2001 : la communauté réinventée par les politiques. Enjeux municipaux autour de la communauté musulmane ? », Migrations Société, vol. 77, n° 3, p. 55-77.

[16] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France aujourd’hui : associations, militants et mosquées, [en ligne], Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), Aix-en-Provence, Karthala, Chapitre VI. Une mosquée « cathédrale », pp. 111-121. Disponible sur : http://books.openedition.org/iremam... [consulté le 31 mai 2016].

[17] Lorcerie Françoise, Geisser Vincent, (2011), « Les Marseillais musulmans », Op. Cit., p. 233.

[18] Ibid.

[19] Bergeaud-Blackler Florence, (2004), « Le chevillard et le sacrificateur : la viande halal entre logiques économiques, légales et religieuses » in Zarka Yves Charles, Fleury Cynthia, Taussig Sylvie (dir.), L’islam en France, Paris, Presses Universitaires de France (PUF), p. 537-545. ; Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Rue89Bordeaux, [en ligne], 25 février 2015. Disponible sur : http://rue89bordeaux.com/2015/02/is... [consulté le 31 mai 2016].

[20] Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Op. Cit.

[21] Penverne Mickael, « Marseille : La plus vieille mosquée au centre d’un très long conflit », 20minutes, [en ligne], 19 mars 2015. Disponible sur : http://www.20minutes.fr/marseille/1... [consulté le 31 mai 2016].

[22] Sweeny Nadia, « Larbi Kechat, évincé de la mosquée Adda’wa », ZamanFrance, [en ligne], 24 février 2016. Disponible sur : https://www.zamanfrance.fr/article/... [consulté le 31 mai 2016].

[23] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France aujourd’hui : associations, militants et mosquées, [en ligne], Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), Aix-en-Provence, Karthala, Chapitre VI. Une mosquée « cathédrale », pp. 111-121. Disponible sur : http://books.openedition.org/iremam... [consulté le 31 mai 2016].

[24] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée. Islam et laïcité en Île-de-France », L’Année du Maghreb, [en ligne], publié le 01 novembre 2012. Disponible sur : https://anneemaghreb.revues.org/634 [consulté le 31 mai 2016

[25] Ibid.

[26] Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[27] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée…, Op. Cit.

[28] Ibid.

[29] Ibid.

[30] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée…, Op. Cit.

[31] Fournier Lydie, (2009), « Une gestion publique de l’islam entre rupture et rhétorique », Op. Cit., p. 43.

[32] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte musulman en France : lieux de prière et d’inhumation, Paris, La documentation Française, p. 165.

[33] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Op. Cit., Chapitre V. Les enjeux de la stabilité, pp. 95-110.

[34] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France : courants, institutions, communautés : un état des lieux, Paris, Hachette Pluriel Reference, pp. 39-40.

[35] Audition de Khalid bin Mohammed Al Ankary, Ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 17 mai 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[36] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 57.

[37] Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Op. Cit. ; Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 48.

[38] Cousteau Libie, « Éducation : le long chemin de l’école musulmane », L’Express, [en ligne], 25 mai 2015. Disponible sur : http://www.lexpress.fr/education/ed... [consulté le 31 mai 2016].

[39] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 48.

[40] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 61 et 73.

[41] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[42] Arkoun Mohamed, Stora Benjamin, Veinstein Gilles, Laurentin Emmanuel, Conférence : Quelle place pour l’islam et les musulmans dans l’histoire de France ?, [en ligne]. Paris, Éditions de la Bibliothèque publique d’information, 2007. Disponible sur : http://books.openedition.org/bibpom... [consulté le 31 mai 2016].

[43] Telhine Mohammed, (2010), L’islam et les musulmans…, Op. Cit., p .73. ; Renard Michel, (2006), « Séjours musulmans et rencontres avec l’islam », in Arkoun Mohammed (dir.), Histoire de l’islam et des musulmans en France : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Albin Michel, p. 573 ; Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français : histoire d’une relation particulière », Confluences Méditerranée, n° 95, p. 29-41.

[44] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français…, Op. Cit., p. 29.

[45] Audition de Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, Compte rendu n° 47 de la Commission de la défense nationale et des forces armées, [en ligne], Assemblée nationale, 10 mai 2016. Disponible sur : http://www.assemblee-nationale.fr/1... [consulté le 31 mai 2016].

[46] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[47] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Op. Cit., Chapitre V. Les enjeux de la stabilité, pp. 95-110.

[48] Le Devin Willy, « L’émirat aimerait exercer une espèce de magistère moral », Libération, [en ligne], 26 avril 2013. Disponible sur : http://www.liberation.fr/societe/20... [consulté le 31 mai 2016].

[49] Pétrault Clément, « Contre les idées reçues sur le financement des mosquées en France », Le Point, [en ligne], 21 janvier 2016. Disponible sur : http://www.lepoint.fr/societe/contr... [consulté le 31 mai 2016].

[50] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 115.

[51] Hoffner Anne-Bénédicte, « L’Algérie souhaiterait « s’approprier » la Grande mosquée de Paris », La Croix, [en ligne], 4 décembre 2015. Disponible sur : http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orb... [consulté le 31 mai 2016].

[52] Ben Rhouma Hanan, « Financée par l’État, la Grande Mosquée de Strasbourg fait la fierté de la ville », Saphirnews, [en ligne], 27 septembre 2012. Disponible sur : http://www.saphirnews.com/Financee-... [consulté le 31 mai 2016].

[53] Magassa-Konaté, « Grande Mosquée de Saint-Étienne : une ambassade du Maroc au service des musulmans », Saphirnews, [en ligne], 22 juin2012. Disponible sur : http://www.saphirnews.com/Grande-Mo... [consulté le 31 mai 2016].

[54] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France …, Op. Cit., Chapitre VIII. L’islam et l’État français, pp. 137-158.

[55] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., pp. 39-40.

[56] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte …, Op. Cit., p. 39.

[57] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France …, Op. Cit., Chapitre VIII. L’islam et l’État français, pp. 137-158.

[58] Sauvaget Bernadette, « Les quatre plaies du Conseil du culte musulman », Libération, publié le 9 février 2015, p. 12 et 13.

[59] L’assiette électorale du scrutin (le nombre de délégués) est basée sur les surfaces des lieux de culte. En 2013, une réforme des statuts a régulé cette codification en y ajoutant des conditions (présence d’un imam ayant un lien avec le lieu de culte, présence d’un centre d’enseignement, lieu situé dans une ville de plus de 50 000 habitants, etc.). Cf. Règlement électoral du Conseil Français du Culte Musulman, 17 mars 2013.

[60] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 175.

[61] Chambraud Cécile, « L’État pose les bases du dialogue avec l’islam », Le Monde, [en ligne], 10 janvier 2015. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/religions/art... [consulté le 31 mai 2016].

[62] Cossardeaux Joël, « Le gouvernement engage la réforme de l’islam de France », Les Échos, [en ligne], 25 février 2015. Disponible sur : http://www.lesechos.fr/25/02/2015/l... [consulté le 31 mai 2016

[63] Guénois Jean-Marie, « L’islam de France veut une certification pour les imams », Le Figaro, 24 novembre 2015, p. 2. ; Audition d’Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 10 février 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[64] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français …, Op. Cit., p. 40.

[65] Le Devin Willy, Sauvaget Bernadette, « Mosquées : le bail des hypocrites », Libération, [en ligne], 17 mars 2015. Disponible sur : http://www.liberation.fr/societe/20... [consulté le 31 mai 2016].

[66] Sauvaget Bernadette, « Islam de France : Anouar Kbibech dans la tempête », Libération, [en ligne], 14 mai 2016. Disponible sur : http://www.liberation.fr/france/201... [consulté le 31 mai 2016].

[67] Ibid.

[68] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français…, Op. Cit., p. 34.

[69] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[70] Audition de Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, Compte rendu n° 47 de la Commission de la défense nationale et des forces armées, [en ligne], Assemblée nationale, 10 mai 2016. Disponible sur : http://www.assemblee-nationale.fr/1... [consulté le 31 mai 2016].

[71] Baubérot Jean, (2006), « Laïcité française et islam », in Arkoun Mohammed (dir), Histoire de l’islam et des musulmans en France : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Albin Michel, p. 988-993

 

 

Thomas CIRET

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